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La protection des eaux souterraines d’un point de vue qualitatif est essentielle. Les nappes occupent une place prépondérante puisque 62 % des volumes prélevés pour l’alimentation en eau potable proviennent des eaux souterraines et que la moitié des français sont exclusivement alimentés par des nappes.

La qualité naturelle d’une nappe peut être dégradée par des pollutions ou par la réalisation de travaux dans le sous-sol. L’importance économique et environnementale de l’eau souterraine fait de leur préservation un enjeu de développement durable :

- une fois contaminée, elle est plus difficile à nettoyer que les rivières et les conséquences peuvent se prolonger pendant des décennies ;

- puisqu’elle est très utilisée pour le captage d’eau potable, pour l’industrie et pour l’agriculture, sa pollution peut être dangereuse pour la santé humaine et compromettre ces activités ;

- puisqu’elle alimente bon nombre de rivières, elle peut influencer la qualité de leurs eaux ;

- elle sert de réserve dans les périodes de sécheresse et elle est essentielle pour conserver les zones humides.

Il n’existe pas de réponse unique pour qualifier une eau de « bonne qualité ». La qualité d’une eau souterraine se qualifie à partir de l’usage qu’on en fait. On peut cependant évaluer la qualité de l’eau par rapport à son état d’origine.

La minéralisation finale d’une eau souterraine est fonction de la nature de la roche qui compose l’aquifère, du type de circulation des eaux au sein de la masse rocheuse, du temps de contact avec les minéraux, et du renouvellement de l’eau dans le réservoir par les apports d’eau météorique. En règle générale, lorsqu’elles ne sont pas trop profondes, assez éloignées des zones littorales et des formations salines et gypseuses, à l’état naturel, les eaux souterraines sont de bonne et constante qualité et aptes à tous les usages.

Certains travaux ont permis de faire la synthèse sur la présence d’éléments indésirables ou toxiques liés à la nature du sous-sol dans l’eau de certains aquifères sédimentaires ou de socles anciens. Deux catégories d’éléments sont distinguées, sur des critères sanitaires (OMS, 1994) :
- les éléments toxiques, pour lesquels un risque sanitaire important existe (ex. cancer au delà d’une certaine exposition),
- les éléments indésirables, dont la présence est susceptible d’entraîner des réclamations de la part des consommateurs ou pour lesquels aucune preuve de risque de cancer n’a pu être démontrée ou pour lesquels cette éventualité est probablement nulle.

L’altération de l’état chimique d’une eau souterraine est ainsi évaluée par rapport à l’état naturel en mesurant les principaux paramètres physico-chimiques responsables de la dégradation : nitrates, pesticides, micropolluants minéraux (arsenic, plomb,...), micropolluants organiques (hydrocarbures aromatiques, polycycliques, composés organo-halogénés volatils,...).

Pour accéder aux données : www.ades.eaufrance.fr

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Pollution des eaux souterraines par les pesticides

En 2011, sur 1922 points de surveillance de la qualité dans les eaux souterraines en France (outre-mer compris) :
- 36,7 % n’ont pas mis en évidence la présence de pesticides ;
- 37,2 % présentent, en moyenne par point de mesure, une concentration totale en pesticides inférieure à 0,1 µg/L ;
- 21,2 % présentent, en moyenne par point de mesure, une concentration totale en pesticides comprise entre 0,1 µg/L et 0,5 µg/L ;
- 4,7 % présentent , en moyenne par point de mesure, une concentration totale en pesticides comprise entre 0,5 µg/L et 5 µg/L ;
- 0,2 % présentent, en moyenne par point de mesure, une concentration totale en pesticides supérieure à 5 µg/L.

597 molécules sont recherchées au moins une fois dans les eaux souterraines en métropole et 182 en outre-mer. Au maximum, 23 molécules ont été quantifiées au même point.

Données : ADES (BRGM) - Agences de l’eau, Offices de l’eau, Collectivités, Syndicats d’eau – Réseaux RCS-RCO, 2012 / Source : Contamination globale des eaux souterraines par les pesticides, SOeS, 2013

Etat des masses d’eau en France

En 2009, la France comporte :
- 11 523 masses d’eau de surface (cours d’eau, plans d’eau, eaux de transition, eaux côtières) ;
- 574 masses d’eau souterraines ;
- 7% des masses d’eau de surface sont fortement modifiées ou artificielles.

État des masses d’eau de surface en 2009 :

  • État écologique :
    • 7% sont en très bon état écologique
    • 38% sont en bon état écologique
    • 38% sont en état écologique moyen
    • 11% sont en état écologique médiocre
    • 4% sont en mauvais état écologique
    • 2% sont en état indéterminé
  • État chimique :
    • 45% sont en bon état chimique
    • 21% ne sont pas en bon état chimique
    • 34% sont en état indéterminé

Cas des masses d’eau fortement modifiées ou artificielles en 2009 :

  • Potentiel écologique :
    • 14% sont en bon potentiel écologique
    • 24% sont en potentiel écologique moyen
    • 21% sont en potentiel écologique médiocre
    • 16% sont en mauvais potentiel écologique
    • 25% sont en potentiel indéterminé
  • État chimique :
    • 29% sont en bon état chimique
    • 24% ne sont pas en bon état chimique
    • 47% sont en état indéterminé

État des masses d’eau souterraines en 2009 :

  • État quantitatif :
    • 89% sont en bon état quantitatif
    • 9% ne sont pas en bon état quantitatif
    • 2% sont en état indéterminé
  • État chimique :
    • 59% sont en bon état chimique
    • 41% ne sont pas en bon état chimique

Données : Base Rapportage DCE (Ministère chargé de l’environnement, Onema) - Agences de l’eau, DREAL délégations de bassin - mars 2010 / Source : De l’état des eaux en 2009 aux objectifs 2015, Onema, 2010

Teneur en nitrates des eaux souterraines

En 2010-2011, les 2509 stations de surveillance des eaux souterraines présentent des concentrations de nitrates selon la répartition suivante :
- moins de 40 mg/l [1], pour 76% d’entre elles ;
- entre 40 et 50 mg/l, pour 12 % ;
- plus de 50 mg/l [2], pour 12%.

Les 625 stations communes aux périodes 1992-1993 et 2010-2011 présentent des évolutions de concentrations différentes :
- une diminution forte (au moins -5 mg/l), pour 26,56% d’entre elles ;
- une diminution faible (entre -5 et -1 mg/l), pour 13,60% ;
- une stabilité (entre -1 et +1 mg/l), pour 10,24% ;
- une augmentation faible (entre +1 et + 5 mg/l), pour 19,04% ;
- une augmentation forte (plus de +5 mg/l), pour 30,56%.

Données : Rapportage Nitrates (Ministère chargé de l’environnement) - Agences de l’eau, DREAL, DEAL, ARS ; 1992-2011 / Source : Synthèse - Concentrations en nitrates d’origine agricole dans les cours d’eau et les eaux souterraines (données 2010-2011), Onema/OIEau, Juillet 2014