Etat des milieux aquatiques

Situation des milieux aquatiques en juin 2007

Grâce aux précipitations favorables des deux derniers mois et à la réduction des prélèvements d’eau, on observe des niveaux de cours d’eau égaux et supérieurs à la norme de saison notamment dans les bassins Adour Garonne, Rhin Meuse, Seine Normandie, en Rhône Alpes, dans la majorité des départements du bassin Artois Picardie et de Loire Bretagne, avec pour la plupart des bassins hydrographiques des perturbations des milieux aquatiques dues à des crues et débordements.

Par ailleurs, en réponse à des précipitations déficitaires par rapport à la norme saisonnière, on observe des niveaux de cours d’eau inférieurs à la norme de saison, voire critiques, et des secteurs d’assec dans la Région PACA (notamment Colostre, Cagne), dans les petits cours d’eau des Bouches du Rhône, dans le Var (la Naturby, le Caramy et l’Issole), dans le sud du Lubéron.

Dans le bassin de la Loire malgré les précipitations favorables certains petits cours d’eau présentent des situations de rupture d’écoulement en Indre et loire, les Deux Sèvres et la Vienne.

Le réseau d’observation des crises d’assec (ROCA) a été activé dans les départements de la Somme depuis le 25 mai, dû à la mise en place des pompages pour l’irrigation agricole. Le département de l’Oise connaît encore une situation critique, avec 4 stations ROCA en assec (Petit Thérain, Esches, Mève et Brèche) et des têtes de bassin en souffrance (Aunette, Trois Doms, Aronde, Nonnette, Germaine, ru du Mesnil). Cette situation critique du bas bassin de l’Oise remonte à déjà plusieurs années (jusqu’à 150 kilomètres de linéaire de cours d’eau taris en 2006 ), et a résulté de la succession de 3, voire 4 hivers sans précipitations efficaces en période de recharge des réserves hydriques.

Le ROCA a été activé dans les départements 06, 20, 26 depuis mai et juin et dans les départements 13 , 83, 84, 66 et 30 depuis mars et avril.

Le ROCA a aussi été activé dans 3 départements du bassin de la Loire (Eure et Loir, Vendée, Creuse).

Les violents orages et fortes précipitations de ces deux derniers mois ont eu des conséquences directes (destruction physiques des lits des cours d’eau et érosion des berges ...) ou indirectes sur les milieux aquatiques (lessivages des sols nus ou imperméables, l’origine de la dégradation de la qualité des cours d’eau et de l’augmentation de la turbidité), entraînant des pertes de juvéniles (dont l’ampleur sera évaluée par les inventaires de population) et parfois des mortalités piscicoles, observées notamment dans le Scarpe (Somme)et sur la Loire à Marsigny (Saône et Loire).

Dans les zones à faible débit de la région PACA, les rejets organiques des stations d’épuration ont entraîné une dégradation de la qualité d’eau due à une faible capacité de dilution des cours d’eau et des développements algaux importants ont été observés (Arc, Réal, Cadière, Touloubre dans les Bouches du Rhône, Mède dans le Vaucluse).

Dans la plupart des cours d’eau (sauf dans l’Avre du département de la Somme et dans les cours d’eau à truite fario de la Corse), les conditions de circulation des poissons sont normales et ont permis une remontée satisfaisante des migrateurs. Des montaisons exceptionnelles de Truites de mer sont signalées sur la Touques (14). Cependant malgré les conditions de circulation favorable, les effectifs de grands migrateurs comptés ou pêchés sur la Garonne, la Dordogne et l’Adour sont pour l’instant faibles par rapport aux années précédentes et il faudra attendre la fin de la période de montaison pour évaluer cette situation. Si cet affaiblissement se confirme, est-ce une conséquence des faibles recrutements dues à la canicule 2003 ou à la dégradation de la qualité des eaux due aux pollutions diffuses ou aux crues de ces derniers mois?

La situation est plus délicate dans les Alpes-Maritimes, où les faibles débits et les assecs menacent directement les peuplements piscicoles de certains secteurs de cours d’eau.

Dans les départements du Var, du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, les secteurs de cours d’eau les plus sensibles aux débits faibles et aux assecs montrent des peuplements piscicoles en difficultés depuis les sécheresses de 2003 et 2005.

 

Méthodologie et sources :

Evaluation effectuée par l'ONEMA.

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