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Etat des nappes

Août 2007

Les signes de recharge des nappes, dus aux précipitations majoritairement très excédentaires sur une grande partie du territoire métropolitain jusqu’à fin août, présentent un caractère tout à fait exceptionnel. C’est le cas de certaines nappes à forte inertie dont le bassin versant a été particulièrement arrosé (la nappe de la craie en région Nord-Pas-de-Calais ou la nappe de la plaine d’Alsace) ou de nappes très réactives, mais ayant bénéficié de précipitations régulières permettant leur maintient à des hauts niveaux tout cet été (Lorraine, Franche-Comté, Pays-de-la-Loire, etc.).

Pour la plupart des nappes, c’est un maintien des niveaux de printemps voire un frein à la baisse estivale en partie dû à une forte diminution des prélèvements qui a été observé. Cet état, très satisfaisant, pour une fin d’été, ne permet absolument pas d’augurer de la qualité de remplissage des aquifères au printemps 2008.

Certaines grandes nappes (la nappe du calcaire de Beauce, la nappe du calcaire de Champigny, etc.) n’ont pas, ou peu, bénéficié de cette situation et poursuivent une baisse engagée depuis 2003.

Peu d’années, par le passé proche, les nappes ont eu une évolution estivale comparable et d’ampleur semblable. Les étés humides 2002 et 1992 n’ont qu’épisodiquement permis une stabilisation voire une recharge de rares nappes. Il faut remonter à 1977 pour observer une alimentation estivale des nappes (jusqu’à fin août) sur une partie notable du territoire (en l’occurrence le Centre et l’Est).

Les nappes présentant des niveaux très supérieurs à la normale pour un mois d’août sont, logiquement, en augmentation. Citons :

  • La nappe de la plaine d’Alsace pour laquelle des niveaux que l’on observe que tous les 10 ou 15 ans à cette période de l’année sont fréquents ;
  • Les nappes en Lorraine présentent toutes des niveaux supérieurs à la normale. Les nappes du Jurassique affichent même des niveaux de fréquence cinquantennal (que l’on on observe, statistiquement, tous les 50 ans) ;
  • Les nappes alluviales de Franche-Comté ont atteint des niveaux jamais mesurés en cette période ;
  • Bien qu’en baisse en août, les nappes en Bretagne et Pays-de-la-Loire sont encore à des niveaux très supérieurs à la normale ;
  • Quelques nappes du nord de la région Rhône-Alpes comme la nappe du Pliocène du Val de Saône ou bien la nappe des alluvions fluvio-glaciaires de la plaine de l’Ain ont bénéficié de recharges notables renforcées par la réduction des prélèvements.

Les nappes présentant des niveaux très inférieurs à la normale sont devenues rares dans la moitié nord du territoire et surtout concentrées dans la vallée du Rhône. Citons :

  • La nappe du calcaire de Champigny continue sa baisse bien que ralentie. Des remontées locales ou des stabilisations semblent uniquement dues à la diminution des prélèvements ;
  • La résurgence de la Fontaine de Vaucluse n’a connu, en août, aucune crue. Le débit moyen mensuel, qui s’établit en août à 4,50 m³/s, est inférieur au débit décennal sec (4,99 m³/s). Ce débit moyen mensuel correspond au plus bas enregistré depuis 1967 ;
  • Les nappes du Villafranchien de la Vistrenque (Gard) et de Mauguio-Lunel (Hérault) affichent , localement, des niveaux de fréquence décennale voir vicennale ;
  • De nombreuses nappes en vallée du Rhône sont encore à des niveaux proches de la fréquence décennale sèche (la nappe des dépôts plio-quaternaire de la Dombes-Bresse, la nappe des alluvions anciennes de la plaine de Valence, la nappe du bas-Dauphiné en certains secteurs, la nappe de l’Est-Lyonnais sur le couloir d’Heyrieux, etc.)

Légende

 

Les petits symboles sont des indicateurs ponctuels du niveau piezométrique.

Les gros symboles sont des indicateurs globaux de fluctuation des nappes. En cliquant sur ces gros symboles, on obtient un descriptif de la nappe concernée, et pour certains, on accède à une ou plusieurs chroniques d'évolution piezométrique.

 

Méthodologie et sources :

La carte présente certaines stations de réseaux de surveillance quantitative des nappes (piézométrie). L'indicateur de niveau est la fréquence de retour du niveau mensuel moyen observé de la station, réparti en cinq quantile, du plus sec (représenté en rouge) au plus humide (en bleu foncé) :

Les stations indiquées en blanc signifient une insuffisance de données historiques pour déterminer la fréquence de retour au niveau.

Le fond de carte (données fournies par le BRGM) représente les grands systèmes aquifères et les zones alluviales (en blanc) et les domaines sans grand système aquifère individualisé (en gris).

 

L'évaluation de l'indicateur est effectuée par le BRGM, à partir de données de la banque ADES qui sont produites par les services de l'état (DIREN, DDAF, DDE,...), des établissements publics (Agences de l'Eau, BRGM) et des collectivités (conseils généraux ou régionaux, communes...)

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