Situation Générale du 11 avril 2012

Le mois de mars 2012 a été marqué par un temps sec, suite à l’installation progressive d’un puissant anticyclone, responsable de températures maximales exceptionnellement chaudes en fin de mois. Les précipitations de ce mois de mars sont très faibles sur l’ensemble du pays et sont restées inférieures à 50 mm sur la quasi totalité du territoire sauf dans l'extrême nord. Les cumuls mensuels de précipitations sont ainsi très largement déficitaires. Ils représentent en moyenne sur l'ensemble du territoire moins de 40 % de la normale et jusqu'à moins de 25% de la normale en Alsace, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, dans le Haut Languedoc, sur le massif alpin et en Corse-du-Sud.


Depuis le début de l'année hydrologique (septembre 2011), la pluviométrie à l’échelle nationale représente 75% de la normale. Par rapport à la situation au 1er mars, le déficit s’est aggravé sur l’ensemble du territoire. Il est également plus sévère qu’en 2011 et est proche de celui de 2005 sans atteindre le déficit historique de 1989 (29 %). La situation la plus problématique concerne la moitié ouest du pays et notamment le quart sud-ouest où le déficit pluviométrique depuis le début de l'année hydrologique est proche des records des 50 dernières années. La région Midi-Pyrénées est particulièrement touchée avec un déficit de 35 %.


Le cumul des pluies efficaces depuis septembre 2011 est également déficitaire par rapport à la normale sur l'ensemble de la France. Le déficit dépasse 75% de la normale du nord de la Haute-Garonne à l’ouest du Tarn, au sud du Tarn-et-Garonne et à l’est du Gers et plus localement dans les Bouches-du-Rhône, l’est du Cantal, la Haute-Loire, l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. Seules la plaine des Pyrénées-Orientales, la région de La Porta (Haute-Corse) bénéficient encore d’un cumul excédentaire, grâce aux précipitations importantes de l’automne 2011.


Au 1er avril 2012, les sols superficiels sont précocement secs sur l’ensemble du pays mais restent encore proches de la saturation sur tous les massifs concernés par la fonte nivale ainsi que de la Normandie au Nord - Pas-de-Calais et en Champagne-Ardenne. Sur l’ensemble du pays hors relief, l’humidité des sols superficiels est déficitaire avec une tendance marquée à l’assèchement par rapport à la situation au 1er mars. Ce déficit est proche des records dans la plupart des régions et correspond à des valeurs généralement rencontrées début juin, voire mi-juin dans les zones les plus sèches.


Au 1er avril 2012, malgré un bon enneigement en début d’hiver notamment sur les Alpes du Nord, le manteau neigeux est déficitaire sur l’ensemble des massifs. Il a même quasiment disparu sur les Alpes du Sud, suite aux températures particulièrement élevées en mars. Sur les autres massifs, l’épaisseur du manteau neigeux est d’environ 75 % de la normale.


La fonte nivale a commencé précocement sur l'ensemble des massifs et la quantité d’eau stockée dans le manteau neigeux est faible et représente seulement 50% de la normale sur l’ensemble des massifs, à l’exception des hauts reliefs. Sur les Alpes du Sud, particulièrement déficitaires cette année, la situation est comparable aux années record de 2005 et 1989. Sur les Alpes du Nord, le déficit est plus réduit et la situation reste meilleure qu’en 2011. Dans les Pyrénées, une telle situation n’avait pas été rencontrée depuis 1998.


Une grande majorité des nappes (89%) affichent un niveau inférieur à la normale au 1er avril 2012. C’est le cas sur la plus grande partie du Bassin Parisien, sur le secteur du Rhône et dans le sud-ouest pour plusieurs grands aquifères. On peut citer les nappes de Beauce, la nappe de la Craie en Touraine ou encore les nappes du bassin de la Garonne amont. La tendance à la baisse, observée le mois dernier, se poursuit en ce début de printemps 2012. Sur l’ensemble du territoire, 38% des indicateurs mesurés sont en baisse (contre 51% le mois précédent). 45% des indicateurs présentent des niveaux stables. Une proportion très faible des points de suivi est en hausse (17%).


A l’échelle nationale, la recharge hivernale des nappes n’est pas encore effective. L’absence de recharge sur les premiers mois de l’année 2012 limite la quantité d'eau qui sera disponible dans les nappes dans les mois à venir, ce qui pourrait entraîner la prise rapide d'arrêtés de restriction et de limitation des usages de l'eau.


A l'image du déficit de précipitations du mois de mars, l'hydraulicité des cours d'eau est inférieure à la moyenne sur la quasi totalité des cours d'eau. Seuls quelques cours d'eau de l’extrême nord du pays et les cours d'eau bénéficiant de la fonte précoce des neiges des massifs alpins et pyrénéens présentent un débit égal ou supérieur au débit mensuel interannuel. A l'inverse, près de 14% des cours d'eau ont un débit très faible, inférieur au cinquième du débit interannuel. Les débits minimums mesurés au cours du mois de mars confirment également le déficit observé en terme de précipitation. 39 % des débits mesurés en mars affichent ainsi des valeurs minimales très faibles observées moins d'une année sur dix (fréquence inférieure à la décennale sèche).

 

precipitation
precipitations_eff
sol
hydraulicite

Précipitations

Précipitations
efficaces

Eau dans
le sol

Hydraulicité

debit
restrictions

Débits

Nappes

Neige

 

 

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