Etat des nappes

Décembre 2017

Le mois de décembre 2017 a été marqué par une pluviométrie excédentaire de près de 30%. La pluviométrie a été excédentaire principalement sur la moitié nord de la France ainsi que sur la majeure partie de la Corse et les Alpes. À l’inverse, un déficit s’étend du golfe du Lion à la quasi-totalité du Languedoc-Roussillon, au sud de l’Ardèche et au delta du Rhône.

L’évolution du niveau des nappes traduit la situation peu habituelle d’une période de basses eaux annuelles qui se prolonge jusqu’en décembre. Le relatif déficit pluviométrique enregistré ces derniers mois sur une grande partie du territoire explique le taux de recharge déficitaire observé en cette fin d’année. Les pluies des derniers mois de 2017 ne constituent qu’un premier épisode de recharge timide dont les effets sont peu marqués. Il semble malgré tout que la période de bascule entre basses eaux et reprise de la recharge soit enfin passée.
Au 1er janvier 2018, le nombre de points en baisse (12%) a tout de même fortement diminué par rapport à octobre 2017 (il était de 49%) et le nombre de points en hausse (63%) traduit la période de la recharge hivernale attendue.
Sur l’ensemble du territoire, les niveaux des nappes se situent autour de la moyenne voire plus hauts pour un tiers environ des points suivis (36%). Ils sont modérément bas à très bas pour les 64% restants.
Les premiers effets de la nouvelle période de recharge hivernale (octobre 2017 à avril 2018) commencent seulement à se faire sentir, timidement. Pour l’instant l’effet des premières pluies d’automne sur les nappes reste faible. On peut espérer que les futures précipitations des premiers mois de 2018 vont améliorer la situation.
Les niveaux des nappes fin décembre 2017 sont en baisse pour 12% d'entre eux, stables pour 25% et en hausse pour les 63% restant.
En cette fin d’année, milieu de la période de recharge hivernale, un très grand nombre de réservoirs (64%) affichent encore des niveaux modérément bas à très bas.
Dans le détail, concernant les niveaux, on note que 6% sont très hauts ou hauts, 9% modérément hauts, 21% autour de la moyenne, 27% modérément bas, 22% bas et 15% très bas.
Pour une grande partie du territoire, les niveaux des nappes sont inférieurs à la moyenne. Quelques secteurs présentent cependant des niveaux moins déficitaires.
Parmi les nappes qui présentent les situations les plus favorables en cette période, avec des niveaux autour de la moyenne, voire plus haut, on peut citer :
•           La nappe des calcaires de Beauce dont les niveaux sont assez stables et se maintiennent autour de la moyenne.
•           La nappe des calcaires jurassiques du Bessin dont les niveaux sont désormais largement orientés à la hausse et qui présentent des valeurs supérieures à la moyenne.
•           La nappe des calcaires de Lorraine dont les niveaux présentent, avec trois mois consécutifs de pluies, une tendance à la hausse et des valeurs supérieures aux moyennes d’un mois de décembre.
•           La nappe alluviale de la plaine d’Alsace au nord de Colmar dont les niveaux sont en hausse assez marquée et généralisée. Les pluies des derniers mois ont permis de combler les déficits et les niveaux sont ainsi conformes aux normales de saison, voire au-dessus de celles-ci.
De nombreux secteurs présentent des situations moins favorables, avec des niveaux bas voire très bas par rapport aux moyennes, on peut citer par exemple :
•           Les aquifères de la Région PACA qui présentent des niveaux plus bas que la moyenne à cause d’une recharge hivernale très déficitaire pour l’instant. Les niveaux sont globalement assez stables avec certains orientés à la hausse.
•           La nappe des calcaires du Sud de la Vendée qui présente des niveaux très bas. Des épisodes pluvieux récents semblent certes inverser la tendance  avec une dynamique ascendante des niveaux plutôt favorable mais cette évolution favorable doit encore être confirmée.
•           Les aquifères de la vallée du Rhône, tout particulièrement en aval de Lyon, qui présentent des niveaux encore globalement orientés à la baisse et qui, dans leur grande majorité, sont bas voire très bas, en conséquence de pluies déficitaires.
•           Les aquifères karstiques et littoraux du Languedoc dont tous les niveaux sont globalement bas et qui n’ont pas encore bénéficié d’épisodes cévenoles significatifs, généralement observés à l’automne.

Nappes

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Méthodologie et sources :

La carte présente certaines stations de réseaux de surveillance quantitative des nappes (piézométrie). L'indicateur de niveau est la fréquence de retour du niveau mensuel moyen observé de la station, réparti en cinq quantile, du plus sec (représenté en rouge) au plus humide (en bleu foncé) :

Les stations indiquées en blanc signifient une insuffisance de données historiques pour déterminer la fréquence de retour au niveau.

Le fond de carte (données fournies par le BRGM) représente les grands systèmes aquifères et les zones alluviales (en blanc) et les domaines sans grand système aquifère individualisé (en gris).

 

L'évaluation de l'indicateur est effectuée par le BRGM, à partir de données de la banque ADES qui sont produites par les services de l'état (DIREN, DDAF, DDE,...), des établissements publics (Agences de l'Eau, BRGM) et des collectivités (conseils généraux ou régionaux, communes...)