Méthode de délimitation des eaux de surface

Le processus de délimitation, mis en œuvre dans le cadre de l’état des lieux 2004, est basé sur des critères écologiques (masses d’eau « naturelles ») et sur la prise en compte des pressions anthropiques.

Pour toutes les catégories de masses d’eau, la logique principale de délimitation est la suivante : une masse d’eau, un seul type écologique et un seul état.

Masses d’eau cours d’eau

La délimitation des masses d’eau « naturelles » s’appuie en premier lieu sur celle des types, c’est-à-dire sur le croisement des hydroécorégions de niveau 1 avec l’ordination des cours d’eau selon Strahler (rangs 1 à 8).

Les masses d’eau contiguës et présentant les mêmes conditions de référence ont été regroupées au maximum, seules les masses d’eau présentant des références significativement différentes sont individualisées.

Les masses d’eau « naturelles » ainsi définies résultent exclusivement de critères environnementaux abiotiques. La directive précise que les masses d’eau doivent être homogènes du point de vue de leur état, des pressions qui s’y exercent, et des objectifs environnementaux fixés pour chacune d’elles. Il est donc nécessaire de recouper les tronçons naturels de cours d’eau en fonction des pressions significatives qu’ils subissent.

Une pression est considérée comme significative si elle modifie la qualité d’une masse d’eau, conduit à ne pas atteindre les objectifs environnementaux, ou à classer une masse d’eau comme fortement modifiée ; le caractère significatif de la pression est mesuré en évaluant ses impacts sur les éléments de qualité biologiques, physico-chimiques, et hydromorphologiques.

La délimitation des masses d’eau cours d’eau tient également compte de l’identification prévisionnelle des masses d’eau fortement modifiées ; les masses d’eau cours d’eau ont aussi été redécoupées en amont et en aval des lacs dont la superficie est supérieure à 50 hectares, lorsque la longueur du cours d’eau en amont du lac est significative.

Afin de ne pas trop morceler le découpage des masses d’eau, des critères concernant le linéaire minimal à considérer pour délimiter une masse d’eau ont été utilisés :

  • 2 à 5 km pour les rangs 1 à 3 (1 à 4 pour Loire)
  • 10 à 15 km pour les rangs 4 et 5 (5 et 6 pour Loire)
  • 25 à 30 km pour les rangs supérieurs.

Masses d’eau plans d’eau

La directive indique un seuil de 50 hectares au-dessus duquel tout plan d’eau constitue une masse d’eau.

Masses d’eau côtières et de transition

L’application de la typologie définie pour les masses d’eau côtière et de transition a  permis de déterminer un premier niveau de découpage.

Les masses d’eau ont été ensuite définies par regroupement ou partition, en fonction de critères hydrodynamiques et géomorphologiques, et en tenant compte des masses d’eau fortement modifiées.

Afin d’élaborer une classification cohérente sur l’ensemble du littoral français, il a été décidé de retenir uniquement trois critères hydrodynamiques :

  • le courant résiduel (fort, moyen, faible),
  • le mélange vertical (stratifié, partiellement stratifié, mélangé),
  • l’influence des panaches, limitée aux grands fleuves : Seine, Loire, Gironde et Rhône.

Par ailleurs, afin d’augmenter la cohérence de la méthode proposée avec le guide européen, le critère d’exposition à la houle a été utilisé.

La délimitation des masses d’eau a également pris en compte le critère sédimentologique.

Cinq faciès sédimentaires ont d’abord été définis : zone envasée, zone homogène sableuse, zone homogène grossière, zone hétérogène à caractère sédimentaire, zone hétérogène à caractère rocheux. Puis des regroupements de types sédimentaires ont été effectués afin de réduire le nombre de masses d’eau naturelles.

Les masses d’eau ainsi obtenues ont été redécoupées en fonction des pressions significatives.

Nombre de masses d'eau de surface par catégorie et par bassin

Bassins

Cours d'eau

Plans d'eau

ME côtières

ME de transition

Escaut et côtiers Manche Mer du Nord

54

4

5

4

Meuse

139

5

0

0

Sambre

11

1

0

0

Rhin

469

33

0

0

Seine et côtiers normands

417

45

19

6

Loire, côtiers bretons et vendéens

716

143

39

30

Rhône et côtiers méditerranéens

862

128

32

35

Garonne, Adour et côtiers de Charente

696

102

11

12

Corse

63

6

14

4

Guadeloupe

40

 0

10

 0

Martinique

31

1

19

4

Réunion

24

3

13

0

Synthèse

3522

471

162

95

Téléchargement

Cartes : délimitation des masses d'eau superficielle

Escaut et côtiers Manche Mer du Nord
Meuse
Sambre
Rhin
Seine et côtiers normands
Loire, côtiers bretons et vendéens
Rhône et côtiers méditerranéens
Garonne, Adour et côtiers de Charente
Corse
Guadeloupe
Martinique
Réunion