Principales pressions impactant les masses d'eau

Escaut et côtiers Manche Mer du Nord

Les principaux flux de pollution observés sont variables selon les masses d’eau. Globalement, la pollution des eaux superficielles est majoritairement d’origine domestique (pour les matières organiques, le phosphore et l’azote).

S’agissant des eaux souterraines, la contribution agricole en azote est majoritaire dans la plupart des masses d’eau (75 à 95 % du flux), bien que près de la moitié de la population du bassin ne soit pas raccordée à une station d’épuration collective.

D’autres dégradations qui affectent les cours d’eau du bassin sont l’artificialisation (seuils, endiguements, canalisation, recalibrages) et la banalisation des lits et des berges des rivières. Par ailleurs, on évalue à environ 150 le nombre de sites pollués posant problème pour les ressources en eau.

Les volumes prélevés dans les eaux souterraines sont principalement liés à l’eau potable (73 %). Viennent ensuite l’industrie (23 %) et l’agriculture (4 %).

L’urbanisation du littoral est une caractéristique importante du bassin : tensions potentielles sur la qualité de l’eau, mais aussi compétition pour l’approvisionnement en eau potable pendant la période estivale.

Meuse

Les pressions liées aux pollutions « classiques », aux pesticides et aux dégradations hydromorphologiques concernent chacune plus d’un tiers du linéaire des masses d’eau.

Concernant les eaux souterraines, les principales pressions sont liées à la pollution par les produits phytosanitaires et par les nitrates.

Sambre

Les principales dégradations qui affectent les cours d’eau du bassin sont dues à la pollution domestique rural et à la pollution d’origine agricole notamment via les élevages.

Rhin

Le secteur Rhin supérieur montre une répartition sensiblement homogène des différents types de pressions, reflétant ainsi leur grande diversité. Les pressions liées à la pollution domestique sont importantes. Les pressions hydromorphologiques, liées aux prélèvements/dérivations d’eau et à une dégradation du lit et des berges, affectent 42% du linéaire des masses d’eau.

Le secteur Moselle-Sarre est quant à lui marqué par la prépondérance des pressions liées aux pesticides (60% du linéaire des masses d’eau) issues, pour une part essentielle, de l’agriculture. Les pollutions organique, azotée et phosphorée, d’origine domestique, industrielle et agricole,  ont également un poids important.

Concernant les eaux souterraines, les principales pressions sont la pollution par les produits phytosanitaires et par les nitrates, ainsi que la minéralisation (chlorures ou sulfates) et les solvants chlorés.

Seine et côtiers normands

Le bassin présente de fortes densités urbaines, concentrées autour des cours d’eau. Il en résulte d’importants flux de phosphore, principalement d’origine domestique (59% non traité) ; le phosphore peut également provenir des industries et de l’agriculture, l’érosion des sols agricoles en entraînant de 2 à 6 tonnes par an dans les rivières.

La pollution métallique, dont près de la moitié provient de l’agglomération parisienne, est souvent supérieure aux normes pour le plomb, le cadmium et le mercure.

Les nitrates présents dans les nappes et les rivières sont issus principalement de l’agriculture (plus des deux tiers des surplus d’azote épandus et non consommés par les plantes se retrouvent dans les nappes d’eau et les rivières), mais aussi des effluents urbains.

Loire, côtiers bretons et vendéens

Les cours d’eau du bassin sont affectés par des pressions hydromorphologiques (travaux d’hydraulique agricole, aménagements pour la navigation, ouvrages transversaux, prélèvements. Des concentrations importantes en nitrates (provenant principalement des élevages hors-sol et de l’agriculture) et en pesticides se retrouvent dans les cours d’eau et les eaux souterraines.

Les plans d’eau sont affectés principalement par des apports en phosphore (eutrophisation).

Les eaux littorales et de transition subissent l’impact des apports en nitrates (développement d’ulves), en azote et en phosphore (prolifération du phytoplanctron) et en micropolluants.

Rhône et côtiers méditerranéens

La démographie grandissante et l’urbanisation engendrent des besoins supplémentaires en eau potable et renforcent la pollution des eaux et l’artificialisation des milieux.

Les prélèvements (irrigation, industrie et eau potable) et les dérivations (hydroélectricité) peuvent avoir des impacts conséquents, notamment en période de sécheresse, où il peuvent conduire à des pénuries. Ainsi, plus de la moitié des masses d’eau cours d’eau du bassin sont impactées significativement par des prélèvements ou des modifications de leur régime hydrologique.

La présence d’ouvrages transversaux affecte la continuité amont-aval et le fonctionnement des milieux connexes de près des deux-tiers des cours d’eau.

Certaines régions du bassin sont particulièrement concernées par la présence de substances toxiques (métaux, pesticides et autres polluants organiques) est généralisée sur tout le bassin.

Garonne, Adour et côtiers charentais

Le bassin est marqué par un déséquilibre entre les besoins et la ressource disponible en période d’étiage, partiellement compensé par les réserves de soutien d’étiage. En outre, plusieurs nappes profondes subissent une pression de prélèvement menaçant leur vocation prioritaire pour l’eau potable.

De nombreux cours d’eau sont soumis à de fortes modifications de leur morphologie et du régime des eaux : hydroélectricité, protection contre les crues, recalibrages, endiguement, anciennes extractions de graviers, barrage et canaux en sont les principales causes.

Les pollutions par les macropolluants, essentiellement d’origine domestique et industrielle, et par les nitrates, principalement issus des pratiques agricoles, sont localement préoccupantes.

Corse

Les aménagements hydroélectriques, qui souvent ont également une vocation d’alimentation en eau potable ou d’irrigation, imposent de lourdes contraintes aux cours d’eau. 40% des masses d’eau du bassin sont ainsi impactées significativement par des prélèvements ou des modifications de leur régime hydrologique. En période de sécheresse la satisfaction des différents usages peut être compromise.

Les principales pressions rencontrées sur les eaux de transition (niveau relativement élevés en métaux lourds et pesticides) sont liées aux apports des bassins versants (agricoles, industriels ou urbains), à l’urbanisation, à la gestion des graus et à l’aquaculture.

Sur les eaux côtières, les principales pressions sont liées à l’urbanisation, aux rejets, aux mouillages forains ainsi qu’aux espèces invasives.

Guadeloupe

Près de la moitié des masses d’eau continentales présentent une qualité chimique dégradée, essentiellement par les phytosanitaires, issus de l’activité agricole (bananeraies notamment). Un tiers des masses d’eau continentales sont par ailleurs impactées par les prises d’eau (rupture de la continuité amont-aval) et par une qualité physico-chimique dégradée.

Parmi les 10 masses d’eau côtières du bassin, 3 présentent une mauvaise qualité chimique, due aux apports en pesticides et aux rejets des ports, et 2 subissent des apports excessifs en matériaux terrigènes (hypersédimentation) et en nutriments (eutrophisation) liées aux activités humaines.

Martinique

Les principales pressions qui s’exercent sur les cours d’eau proviennent des activités agricoles, en particulier des bananeraies et des cultures maraîchères (utilisation intensive de produits phytosanitaires et de fertilisants). Les apports en matière organique d’origine industrielle (distilleries) et domestique (rejets des stations d’épuration), ainsi que les rejets urbains  de matières phosphorées, constituent également des pressions importantes.

Les masses d’eau côtière et de transition subissent une dégradation générale de la limpidité des eaux et un phénomène d’hypersédimentation, liés à l’érosion des sols, aux mauvaises pratiques culturales, aux carrières de granulats, aux travaux de terrassement sur les côtes et à la destruction des mangroves.

Réunion

Les pressions principales qui s'exercent sur les cours d'eau sont les prélèvements  pour les usages (plusieurs rivières ont plus de 70 % de leurs débits moyens prélevés en permanence) et, dans une moindre mesure, la pêche, les obstacles et la pollution domestique.

Les eaux côtières reçoivent près de 700 000 équivalent - habitants de pollution organique principalement d'origine industrielle et domestique. Les lagons subissent, en outre, de nombreuses autres pressions : apport de MES par les eaux pluviales, apport d'azote et de phosphore d'origine domestique et agricole, modification de la morphologie côtière par l'urbanisation, tourisme et pêche.

Les eaux souterraines sont relativement bien préservées mais les teneurs en nitrates et pesticides sont à la hausse et les prélèvements sont proches voire, dans certains cas, au dessus des capacités de renouvellement des aquifères.

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Cartes : exemples de pressions

Sites et sols pollués – Escaut
Pressions en matières phosphorées – Escaut
Pressions hydromorphologiques – Meuse
Pressions en matières organiques – Sambre
Surplus d’azote – Rhin
Densités de population – Seine
Risque d’érosion – Seine
Elevages porcins et avicoles – Loire
Rejets en phosphore total – Loire
Indice pesticide – Rhône
Production annuelle de Déchets Dangereux en Quantité dispersée – Rhône
Surplus d’azote d’origine agricole – Garonne
Principales zones de consommation à l’étiage
Utilisation de l’eau en agriculture -  Martinique
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