Scénario d’évolution retenu

Les scénarios d’évolution ont été construits dans chaque bassin sur l’hypothèse d’une continuité des tendances des dernières années, corrigée au vu des documents d’aménagement du territoire et  des programmes de travaux en cours ou en projet  en ce qui concerne la réduction  des rejets polluants, notamment en application des directives du secteur « eau » ou de plans locaux d’aménagement des eaux (schémas d’aménagement et de gestion des eaux ou contrats de rivières ou de baies). Faute d’éléments d’impact suffisamment précis  lors de l’établissement de ces scénarios, il n’a pas été tenu compte des  de la modification des orientations de la Politique Agricole Commune et de l’introduction de l’écoconditionnalité des aides.

Escaut et côtiers Manche Mer du Nord

Le scénario retenu est fondé sur une stabilité globale de la population et donc des prélèvements destinés à l’alimentation en eau potable, avec cependant un accroissement de la demande en eau sur la zone littorale. Le prolongement de la tendance observée au cours des précédentes décennies d’un accroissement des teneurs en nitrates et phytosanitaires dans les eaux souterraines est alors à l’origine de la fermeture de captages, provoquant une concurrence accrue entre les usagers.

L’assainissement s’améliore et les rejets domestiques diminuent.

Le nombre d’établissements industriels reste stable, mais leurs prélèvements et leurs rejets diminuent ;. La réhabilitation des sites et sols pollués se poursuit.

Sur le plan agricole, toujours dans le scénario de continuité des précédentes décennies, les exploitations s’agrandissent et se spécialisent. Les pratiques s’améliorent mais les démarches agroenvironnementales ne connaissent qu’un développement marginal.

Sur le littoral, l’augmentation de la fréquentation touristique génère des pressions urbaines croissantes, tant en terme de demande en eau, de rejets que d’occupation d’espaces.

Meuse

Pour la partie française du bassin de la Meuse, la poursuite des tendances des dernières années conduit à un scénario se caractérisant par une dimininution de la population de 5%, entraînant une baisse de la demande en eau des ménages.

L’industrie se maintient, et les pressions industrielles (pollution classique, demande en eau) restent stables, tandis que les rejets de substances dangereuses disparaissent. La réhabilitation d’anciens sites industriels se poursuit.

La mise aux normes des bâtiments entraîne une réduction des pressions liées à l’élevage sans variation du cheptel. Concernant les cultures, il n’y a pas d’évolution notable : la demande en eau reste identique et les pratiques actuelles, notamment concernant les phytosanitaires, se maintiennent.

Sambre

Pour la partie française du sous-bassin de la Sambre, la prolongation de la tendance observée conduit à une diminution de la population (-8,5%).La stabilité de la demande en eau par habitant entraîne une baisse des prélèvements destinés à l’alimentation en eau potable. Toutefois, la fermeture de captages en raison de teneurs trop élevées en nitrates et en phytosanitaires provoque une concurrence accrue entre les usagers.

L’assainissement s’améliore et les rejets domestiques diminuent.

Le nombre d’établissements industriels reste stable, mais leurs prélèvements et leurs rejets diminuent . La réhabilitation des sites et sols pollués se poursuit.

Sur le plan agricole, les exploitations s’agrandissent et se spécialisent.

Rhin

La tendance observée aboutit à une augmentation de la population de 2% dans cette partie française du bassin Rhin. L’urbanisation s’étend et la demande en eau reste globalement stable – les eaux prélevées sont quasi-exclusivement d’origine souterraine.

L’activité industrielle reste globalement stable. Il en va de même des pressions industrielles (pollution classique, demande en eau), tandis que les rejets de substances dangereuses disparaissent. La réhabilitation d’anciens sites industriels se poursuit.

La mise aux normes des bâtiments entraîne une réduction des pressions liées à l’élevage sans variation du cheptel. Concernant les cultures, le scénario retenu est construit sur une stabilité des pratiques: la demande en eau reste identique et les utilisations actuelles de phytosanitaires se maintiennent.

Seine et côtiers normands

Le scénario d’évolution est fondé sur la poursuite de l’urbanisation, mais de façon ralentie, et ce malgré une démographie toujours en hausse. Les collectivités locales, les grandes entreprises et les PME/PMI dépendant d’un grand groupe maintiennent leurs investissements dans le domaine de l’eau afin de se prémunir des risques et des coûts de dépollution ultérieurs. Au final, les rejets sont stabilisés.

Dans le domaine agricole, la poursuite des tendances des années passées implique une poursuite de la concentration des exploitations, privilégiant les cultures intensives au détriment de la polyculture et de l’élevage. Les régions se spécialisent : le mouvement général est donc peu favorable à la réduction des pressions.

Loire, côtiers bretons et vendéens

La poursuite des tendances passées aboutit à une a croissance démographique globale de +4,6%, avec des évolutions très contrastées selon les secteurs géographiques (de –10% à +20%), les accroissements les plus importants étant constatés sur la zone littorale et le long de la Loire.

Dans ces secteurs, l’augmentation des prélèvements pour l’eau potable devrait augmenter en proportion. Les stations d’épuration des eaux usées urbaines de plus de 2000 EH respecteront toutes les normes de la directive européenne. Le tourisme augmente de 7 à 10%.

Dans le domaine agricole, le nombre d’exploitations est divisé par deux, mais les exploitations s’agrandissent et se spécialisent dans les grandes cultures. Les activités d’élevage évoluent : les porcins et bovins viandes sont confortés, tandis que les vaches laitières, la production de taurillons et  l’élevage avicole diminuent. Dans les zones de polyculture-élevage, une partie du maïs fourrage est remplacé par des prairies temporaires.

Globalement, on peut estimer selon les zones une diminution de 10% des teneurs en nitrates dans les milieux aquatiques ou éventuellement une stabilité. Pour les pesticides, la pollution ponctuelle devrait être résorbée avec éventuellement une légère amélioration de la pollution diffuse. Les prélèvements pour irrigation devraient, quant à eux, se stabiliser.

Rhône et côtiers méditerranéens

Les tendances d’évolution établies mettent en évidence plusieurs facteurs prépondérants :

  • accroissement de la démographie de la région lyonnaise au sud du bassin, avec un taux particulièrement élevé sur le littoral (Languedoc par ex) ;
  • augmentation forte à moyenne de l’activité industrielle Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur ;
  • poursuite de la mutation de l’agriculture (progression des cultures céréalières notamment), plusieurs hypothèses d’évolution étant à tester en lien avec la nouvelle PAC, dans la suite du travail ;
  • évolution faible de la production d’hydroélectricité dont les influences sur le milieu et les débits concernent notamment les cours d’eau de Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes avec là aussi nécessité de retravailler cette hypothèse en lien avec l’application de la directive « énergies renouvelables » ;
  • évolution très modérée de la pêche et de la conchyliculture ;
  • enfin, développement généralisé du tourisme (hiver, été) tant sur le littoral qu’en zone montagneuse ou dans les autres territoires du bassin.

Garonne, Adour et côtiers charentais

La population augmente dans les grandes agglomérations et reste stable ailleurs ; une augmentation de 15% de la demande en eau potable en résulte. Les dispositifs d’assainissement sont supposés respecter les normes.

Une progression des activités industrielles est prévue sur la base des évolutions actuelles, mais l’impact sur l’eau sera stabilisé et même localement réduit, avec une baisse sensible des émissions de substances toxiques.

L’engagement de la profession agricole pour réduire les pollutions à la source (nitrates et pesticides notamment) est considéré comme confirmé et amplifié ; mais l’effet de ces efforts, en particulier sur les eaux souterraines, sera différé dans le temps, d’où une hypothèse de stabilité des impacts. Les prélèvements pour l’irrigation restent stables.

Corse

Deux facteurs d’évolution prépondérants ont été pris en compte. Un besoin de poursuivre les équipements pour mise à disposition de la ressource, notamment en eau potable ; le développement touristique et ses pressions induites, à gérer en cohérence avec les enjeux de la directive. Le plan d’aménagement durable de la Corse contribuera à l’élaboration d’un scénario d’évolution plus complet dans la suite des travaux.

Martinique

La population augmente (+4 à 11%) et les zones urbanisées s’étendent vers le sud de l’île : les ressources en eau se situant majoritairement au nord, il en résulte des coûts de transfert de l’eau et des risques de pénurie accrus. Pour la collecte et le traitement des eaux usées, les mesures prévues devraient permettre de réduire les rejets domestiques.

La baisse de certaines productions et l’adoption de normes environnementales plus strictes, voire de pratiques agri-environnementales, vont se traduire, en plusieurs endroits, par une réduction des impacts agricoles sur l’eau

A priori le développement du tourisme ne devrait pas entraîner d’impact significatif, compte-tenu de son encadrement par les orientations adoptées dans les documents de planification de l’aménagement du territoire.

Guadeloupe

L’augmentation de la population s’accompagne d’un développement important de l’urbanisation au détriment des zones agricoles et naturelles ; la pression liée à l’urbanisation est essentiellement concentrée sur la frange littorale. La pression des rejets domestiques diminue.

Les filières industrielles traditionnelles (production cannière et bananière) présentent une tendance relativement stable. La tendance à l’augmentation des surfaces cultivées (melon, maraîchage, ananas) devrait se poursuivre. Les pratiques agricoles concernant l’utilisation de phytosanitaires devrait s’améliorer.

L’industrie de la filière canne-sucre-rhum devrait rester stable, et la dépollution des effluents, s’intensifier.

Réunion

La pression démographique croît fortement : la population devrait atteindre 865 000 habitants en 2015 et dépasser 1 000 000 d'habitants en 2030. Cette hypothèse entraîne une prévision d'augmentation des prélèvements et des rejets d'eaux usées de 22 %. Le traitement des effluents domestique devrait s'améliorer sans atteindre son optimum en 2015.

En agriculture, il est prévu une forte augmentation des surfaces cannières irriguées et de l'élevage. Les prélèvements en eau vont donc augmenter fortement ainsi que la pollution azotée.

La demande industrielle ne devrait pas croître et le traitement des rejets devrait s'améliorer.