Origine et effet des principaux polluants de l'air

 

 

I- Activités concernées

L'air naturel, mélange complexe composé principalement d'azote (78%) et d'oxygène (21%), est indispensable à la vie. Chacun de nous en inhale 12.000 litres par jour.

 

Avec l'avènement de nos civilisations modernes, les quantités de substances diverses rejetées dans l'atmosphère n'ont cessé d'augmenter. La quasi-totalité des activités humaines est source de pollution de l'air, les plus significatives étant liées à la production d'énergie thermique, à l'industrie, à l'automobile, au traitement des déchets et à l'agriculture.

 

 

La production d'énergie thermique: Au niveau domestique (chauffage des logements) comme au niveau industriel (production de vapeur ou d'électricité), la combustion de combustibles fossiles (charbon, fioul lourd, etc.) produit d'importantes émissions polluantes. Le dioxyde de carbone (CO2), produit "normal" de la combustion dont la concentration croissante dans l'atmosphère contribue à l'effet de serre, le moxoxyde de carbone (CO), le dioxyde de soufre (SO2), les oxydes d'azote (NOx), les poussières, les métaux lourds, etc., sont concernés.

 

L'industrie: L'industrie est à l'origine d'une émission de polluants en raison de ses besoins propres en énergie thermique et des émissions spécifiques dues aux processus de traitement ou de fabrication employés. En quantités variables selon les secteurs industriels, elle est émettrice de monoxyde et de dioxyde de carbone, de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote, de poussières, de métaux, de composés organiques volatils (COV), etc.

 

Les transports et l'automobile: La pollution due aux transports a longtemps été considérée comme un problème de proximité, essentiellement perçu dans les villes en raison de la densité du trafic.

Aujourd'hui, on sait que les transports, essentiellement l'automobile, sont une source de pollution de portée générale. Les véhicules automobiles sont ainsi de très loin la première cause d'émission d'oxydes d'azote, de monoxyde de carbone, et de divers hydrocarbures. Les moteurs diesel sont de plus à l'origine d'émissions de particules et de dioxyde de soufre. La contribution des transports à la pollution ne cesse de s'accroître.

 

Le traitement des déchets: Le traitement des déchets est à l'origine de plusieurs types de polluants, parmi lesquels:

 

-le méthane: abondamment dégagé par la décomposition des matières organiques, il contribue fortement à l'effet de serre. En décharge par exemple, il y a formation spontanée d'un biogaz contenant de 40 à 60 % de méthane (le reste étant du gaz carbonique, de l'azote, du gaz sulfhydrique, et divers acides plus ou moins volatils et soufrés) sur une période pouvant atteindre une dizaine d'années.

-l'acide chlorhydrique: il est produit par l'incinération des PVC notamment (la combustion d'une tonne de déchets ménagers entraîne l'émission de plus de 7 kg d'acide chlorhydrique).

-les métaux lourds: ils résultent de l'incinération des déchets industriels et des déchets ménagers.

-les dioxines et furanes.

 

Les activités agricoles: L'agriculture contribue également à la pollution atmosphérique. Ses émissions (essentiellement l'ammoniac, le méthane, le protoxyde d'azote et le monoxyde de carbone) sont liées à la décomposition des matières organiques et à l'utilisation d'engrais.

 

 

 

*    *

*

 

 

 

Le tableau ci-dessous précise les principaux rejets atmosphériques dans les dix pays les plus industrialisés:

 

 

 

Oxydes de soufre

Oxydes d'azote

Particules

Monoxyde de carbone

 

Emissions annuelles en Mt

Emissions par hab. en grammes

Emissions annuelles en Mt

Emissions par hab. en grammes

Emissions annuelles en Mt

Emissions par hab. en grammes

Emissions annuelles en Mt

Emissions par hab. en grammes

Canada

3,3

122

1,9

72

1,7

68

10,8

428

Etats-Unis

20,7

82

18,8

74

7,4

29

62,1

246

Japon

0,9

7

1,3

11

n.d.

n.d.

n.d.

n.d.

France

1,2

21

1,5

26

0,25

4,4

7,3

129

Allemagne

5,7

72

3,2

41

2,3

29

12

151

Italie

1,8

31

2

35

0,5

9

6,6

115

Pays-Bas

0,2

14

0,5

36

0,07

5

1

66

Norvège

0,05

11

0,2

51

0,02

5

0,9

213

Suède

0,1

12

0,4

45

n.d.

n.d.

1,5

178

Royaume-Uni

3,6

62

2,7

48

0,5

9

6,7

117

Source:OCDE

 

 

 

II- Nature et effet des principaux polluants

 

2.1- Oxydes de soufre. - Les oxydes de soufre (SOx) comprennent notamment le dioxyde de soufre, ou anhydride sulfureux (SO2), qui est le plus abondant des composés soufrés. Le dioxyde de soufre peut, sous l'action du rayonnement solaire, se transformer par oxydation en anhydride sulfurique (SO3) puis, en présence d'eau, en acide sulfurique (H2SO4): à ce titre, il intervient de manière prépondérante dans le phénomène des pluies acides.

 

Des concentrations importantes en dioxyde de soufre peuvent par ailleurs provoquer, selon la durée de l'exposition et la sensibilité des personnes exposées, des troubles respiratoires plus ou moins graves. Ainsi, les pointes de pollution historiques telles que celles de Londres en 1952 et 1956 ont provoqué des troubles respiratoires et cardiaques avec accroissement significatif de la mortalité affectant les populations les plus sensibles. Aux niveaux habituels, les conséquences sanitaires sont bien connues et il est probable que la pollution atmosphérique par les oxydes de soufre joue alors le rôle d'un cofacteur de risque associé aux troubles oto-rhino-laryngologiques et respiratoires. Les symptômes respiratoires sont accrus lorsque les oxydes de soufre sont associés à des teneurs simultanément élevées en particules.

 

Le SO2 provient de la combustion des charbons et des fuels, des sources mobiles et des procédés industriels (fabrication de l'acide sulfurique et des plastiques, raffinage du pétrole, grillage et frittage de minerais sulfureux tels que blende, galène, pyrites, etc.). Globalement on peut considérer que la production thermique est le principal responsable des émissions de dioxyde de soufre dans l'atmosphère. Ainsi, la combustion d'une tonne de fuel lourd de qualité moyenne est à l'origine d'une émission d'environ 50 kg de dioxyde de soufre.

 

Depuis 1980, les émissions de dioxyde de soufre toutes origines confondues ont été en moyenne réduites de 72% en France. Les raisons essentielles de cette évolution sont la maîtrise des concommations énergétiques dans l’industrie et le résidentiel tertiaire, la réduction progressive de la teneur en soufre des combustibles et comburants, ainsi que le fort développement du parc électronucléaire. Le tableau page suivante donne les émissions en 1996, en précisant leurs évolutions depuis 1994.

Emissions de SO2 en milliers de tonnes par an et en (pourcentage) du total

 

SECTEUR

EMISSIONS

 1996

EVOLUTION

1996/1995

EVOLUTION

1996/1994

Production d’électricité

179,1 (17,4)

+ 5 %

+ 13,7 %

Chauffage urbain

45,4 (4,4)

+ 10 %

+ 18,2 %

Raffinage

212,4 (20,6)

+ 6 %

+ 13,9 %

Industrie

184,7 (17,9)

+ 21,2 %

+ 18 %

Résidentiel et tertiaire

96,0 (9,3)

+ 5,4 %

- 13,8 %

Transport routier

105,0 (10,2)

- 16,1 %

- 32,3 %

Autres secteurs

208,4 (20,2)

-

- 0,2 %

TOTAL

1 031,1

+ 4,2 %

-

 

 

En Europe, la principale source d'émission de SO2 est la combustion d'énergie fossile: les centrales thermiques et les installations de chauffage domestique sont responsables d'environ 66% des rejets totaux. Vient ensuite l'industrie avec près de 32% des émissions.

 

Ces moyennes, établies en 1992 par la Commission européenne, doivent cependant être considérées de façon nuancée. En effet, les situations varient sensiblement d'un pays, voire d'une région à l'autre: en France et aux Pays-Bas, par exemple, la combustion représente moins de 40% du total, alors qu'elle dépasse 75% en Espagne et au Royaume-Uni. Les données recueillies par la Commission indiquent que la moitié des émissions de dioxyde de soufre proviennent de 5% des régions seulement. Parmi ces régions figurent évidemment celles qui sont fortement industrialisées comme la Ruhr en Allemagne et le North Yorkshire au Royaume-Uni.

 

Une diminution sensible et régulière des émissions de dioxyde de soufre a été enregistrée de 1970 à 1985, cette tendance étant essentiellement imputable aux économies d'énergie consécutives aux deux chocs pétroliers et aux adaptations industrielles résultant d'évolutions réglementaires. Toutefois, depuis 1985, un ralentissement de la diminution des émissions est constaté dans l'Union Européenne.

 

 

2.2- Poussières. -Les poussières sont émises par certains procédés industriels (sidérurgie, fabrication d'engrais, cimenteries, etc.), par les sources mobiles et les installations de combustion.

 

Les effets sur l'environnement des poussières sont variables en fonction de leur composition et, en particulier, de la présence ou non de métaux lourds et de composés organiques persistants adsorbés. En cas de mauvaise combustion, les particules émises peuvent également être chargées d’hydrocarbures (notamment d’hydrocarbures aromatiques polycycliques). Les poussières peuvent provoquer des difficultés respiratoires chez les personnes fragiles en synergie avec d'autres polluants, notamment les composés soufrés.

 

Le tableau suivant donne les émissions de poussières en 1996, en précisant leurs évolutions depuis 1994.

 

 

Emissions de poussières en milliers de tonnes par an et en (pourcentage) du total

 

SECTEUR

EMISSIONS

 1996

EVOLUTION

1996/1995

EVOLUTION

1996/1994

Production d’électricité

11,5 (5,5)

+ 8,5 %

+ 25 %

Chauffage urbain

2,6 (1,2)

-

- 3,7 %

Raffinage

3,4 (1,6)

+ 6,2 %

+ 13,3 %

Industrie

9,7 (4,6)

+ 8,4 %

+ 2,1 %

Résidentiel et tertiaire

5,3 (2,5)

+ 1,1 %

- 1,8 %

Transport routier

92,3 (43,8)

- 0,6 %

+ 4,6 %

Autres secteurs

85,8 (40,8)

-

+ 3,2 %

TOTAL

210,6

+ 0,6 %

-

 

 

2.3- Oxydes d'azote. - Les oxydes d'azote qui jouent un rôle important dans la pollution atmosphérique sont l'oxyde nitrique (ou monoxyde d'azote, NO), le peroxyde d'azote (NO2 et N2O4) et le protoxyde d'azote (N2O). Quoique leurs effets soit différents, il est fréquent de raisonner sur leur somme exprimée en équivalent-NO2, que l'on caractérise par le terme NOx.

 

L'oxyde nitrique est un gaz incolore qui se forme à haute température dans les phénomènes de combustion, en particulier par combinaison dans la flamme entre azote et oxygène. Il se transforme lentement dans l'atmosphère en peroxyde d'azote, mais est assez stable à haute température.

 

Le peroxyde d'azote est un gaz brun-orange à l'odeur caractéristique. A des températures inférieures à 11°C, il est polymérisé en dimère (N2O4). Au fur et mesure que la température augmente, le dimère se dissocie en monomère (NO2). Au delà de 158°C, le peroxyde d'azote se trouve totalement sous forme de monomère. Puissant oxydant et corrosif, le peroxyde d'azote est irritant et très toxique notamment par action directe sur les poumons, où il pénètre profondément en accroissant la sensibilité des bronches aux agents broncho-constricteurs.

 

Les valeurs d'exposition indicatives qui peuvent être admises dans l'air des locaux de travail ont été fixées par le ministère du travail à:

 

-3 ppm (6 mg/m3) pour le peroxyde d'azote (valeur limite d'exposition);

-25 ppm (30 mg/m3) pour le monoxyde d'azote (valeur limite de moyenne d'exposition).

 

Le protoxyde d'azote est l'un des gaz incriminé au titre de l'effet de serre avec le gaz carbonique (CO2), le méthane (CH4), les chlorofluorocarbures (CFC) et l'ozone troposphérique (O3). Parmi ces gaz, le gaz carbonique serait responsable de la moitié de l'effet de serre de par le niveau de ses émissions. En revanche, le potentiel de réchauffement du protoxyde d’azote est 320 fois supérieur à celui du gaz carbonique.

 

Par ailleurs, les oxydes d'azote constituent l'un des principaux précurseurs de la pollution photochimique.

 

En France, les oxydes d'azote sont principalement émis par les véhicules automobiles, les installations de combustion et certaines installations industrielles telles que les ateliers de fabrication d'acide nitrique, ou encore la galvanoplastie (attaque nitrique des métaux cuivreux).

 

Le tableau ci-après donne les émissions de NOx en 1996, en précisant leurs évolutions depuis 1994.

 

 

Emissions d’oxydes d’azote (NOx) en milliers de tonnes par an et en (pourcentage) du total

 

SECTEUR

EMISSIONS

 1996

EVOLUTION

1996/1995

EVOLUTION

1996/1994

Production d’électricité

75,7 (4,6)

+ 5  %

+ 20,3 %

Chauffage urbain

14,0 (0,9)

+ 10 %

+ 29,6 %

Raffinage

25,5 (1,6)

+ 6 %

+ 2 %

Industrie

50,5 (3,1)

+ 21,2 %

+ 22 %

Résidentiel et tertiaire

106,8 (6,5)

+ 6,9 %

+ 7,7 %

Transport routier

942,5 (57,4)

- 4,8 %

- 7,5 %

Autres secteurs

426,3 (25,9)

-

-

TOTAL

1 641,3

- 15 %

-

 

 

Au niveau européen, 54% des oxydes d'azote émis proviennent des transports routiers, 17% des centrales thermiques et 14% des foyers domestiques. Quoique variant sensiblement d'un Etat-membre à un autre, la répartition des émissions par secteurs est plus homogène que dans le cas du dioxyde de soufre. Les émissions de NOx sont concentrées dans les régions à haute densité de population et de trafic routier (en Ile-de-France, 94% des NOx sont ainsi émis par les transports).

 

 

Les données collectées par la Commission européenne pour ce polluant indiquent que les réductions d'émission obtenues au cours des vingt dernières années grâce à un contrôle accru de la pollution sont plus que compensées par l'élargissement constant du parc automobile. En d'autres termes, les rejets d'oxydes d'azote continuent de progresser dans plusieurs pays.

 

A noter par ailleurs que les oxydes d'azote contribuent pour près d'un tiers au phénomène des pluies acides sur le continent européen.

 

 

2.4- Composés organiques volatils. - Les composés organiques volatils (hydrocarbures, solvants, ...) proviennent notamment des sources mobiles (55%) et de procédés industriels (34%) tels que le raffinage du pétrole, le dégraissage des métaux, l'application de peintures et de vernis, l'imprimerie, etc.

 

En France, les émissions anthropiques de COV ont été estimées à 2866 milliers de tonnes en 1990, dont 30% environ étaient imputables aux activités industrielles. Les COV interviennent dans le phénomène de pollution photochimique en réagissant avec les oxydes d'azote sous l'action des rayons ultraviolets pour former l'ozone troposphérique (O3). Ils peuvent également avoir une action irritante et être à l'origine de troubles neuro-digestifs.

 

 

2.5- Chlorure d’hydrogène. - Les rejets atmosphériques de chlore, qui s’effectuent principalement sous forme de chlorure d’hydrogène (HCl), résultent pour l’essentiel, en France, de l'incinération des ordures ménagères et de la combustion de charbons (qui présentent naturellement des teneurs variables en chlore). Dans le cas de l'incinération des ordures ménagères, les principales sources sont les plastiques, auxquels sont imputables jusqu'à 50 % des rejets, mais également les papiers et cartons, les caoutchoucs, et le sel de cuisine. 

 

A la température ambiante et à la pression atmosphérique, le chlore moléculaire se présente sous la forme d'un gaz de couleur jaune verdâtre, beaucoup plus lourd que l'air (d: 4,9). C'est un gaz vésicant et irritant, d'odeur caractéristique perceptible à des concentrations de l'ordre de 3,5 ppm. Des intoxications chroniques par le chlore peuvent être à l'origine de manifestations cutanées (acné chlorique), de troubles respiratoires (bronchites et emphysèmes), oculaires (conjonctivites), digestifs et dentaires. En France, le ministère du travail a fixé pour le chlore une valeur limite d'exposition (VLE) indicative dans l'air ambiant des locaux de travail de 1 ppm (3 mg/m3).

 

Le chlore est néanmoins un gaz très réactif qui, en présence d'eau, donne du chlorure d'hydrogène et de l'acide hypochloreux:

 

Cl2  +  H2O     HCl  +  HClO

 

 

Dans les fumées de combustion, le chlore se trouve donc sous forme de chlorures. En effet, le chlore moléculaire est inexistant au dessus d'une température de 400°C. Lors du refroidissement des gaz, du fait de sa grande réactivité, le Cl2 formé se combine avec d'autres composés pour donner des chlorures que l'on retrouvera soit dans les cendres volantes soit dans les mâchefers.

 

 

2.6 - Fluorure d’hydrogène. - Le fluor est émis principalement sous forme de fluorure d’hydrogène (HF) par les procédés industriels (industrie de l'acide phosphorique et des engrais phosphatés, électrolyse de l'aluminium, tuileries et briqueteries, industrie du verre, fabrication de la cryolithe, etc.) et par la combustion de certains charbons.

 

Pour les industries des tuiles, briques et céramiques, les émissions fluorées ont pour origine la cuisson des argiles, qui contiennent du fluor en quantités comprises entre 0,03 et 0,09%. Dans l'industrie du verre, les dégagements de fluor sont essentiellement dus à l'utilisation d'acide fluorhydrique employé pour la gravure.

 

Dans les conditions normales de température et de pression, le fluor molèculaire est un gaz plus lourd que l'air, de couleur jaunâtre presque incolore. Il possède une odeur caractéristique facilement détectable à des concentrations de l'ordre de 0,02 ppm.

 

Le fluor fait partie des polluants contribuant à l'acidité de l'air.

 

Il s'agit d'un gaz extrêmement irritant et vésicant. Une étude éffectuée sur des volontaires humains a permis de constater qu'une concentration de 10 ppm est tolérable si le temps d'exposition est bref. A 100 ppm, ce gaz provoque une irritation des yeux et de la peau importantes. En cas d'accident, survient une irritation pulmonaire intense avec risque d'oedème aigu du poumon.

 

Des troubles respiratoires liés à l'irritation chronique des voies aériennes peuvent être constatés (dyspnée, bronchopathie, ...), ainsi que des troubles digestifs.

 

En France, le ministère du travail a fixé pour le fluor la valeur limite d'exposition (VLE) indicative qui peut être admise dans l'air ambiant des locaux de travail à 1 ppm (2 mg/m3).

 

 

2.7- Plomb. - Le plomb est émis dans l'atmosphère par le traitement des minerais et des métaux pour ce qui concerne l'industrie et, dans une moindre mesure depuis la commercialisation de carburants sans plomb, par les véhicules automobiles à essence pour ce qui concerne les sources mobiles.

 

Dans ce dernier cas, le plomb est utilisé comme antidétonant sous la forme de plomb tétraméthyle et de plomb tétraéthyle.

 

Le plomb est pour l'homme un toxique à effet cumulatif, qui se fixe pour l'essentiel dans les os. C'est à long terme un toxique du sang, des vaisseaux et du système nerveux, conduisant éventuellement à des troubles neuro-psychiques et comportementaux chez l'enfant.

 

Au niveau européen, le plomb fait l'objet de la directive 82/884/CEE du 3 décembre 1982 ayant pour objet de protéger la santé humaine et fixant, à cet effet, une valeur limite de 2 µg/Nm3 en moyenne annuelle dans l'atmosphère.

 

En France, le ministère du travail a fixé des valeurs limites de moyenne d'exposition (VME) indicatives qui peuvent être admises dans l'air des locaux de travail pour le plomb tétraméthyle (0,15 mg Pb/m3) et le plomb tétraéthyle (0,10 mg Pb/m3).

 

 

2.8 - Phénol. - Le phénol intervient dans l'industrie des matières plastiques, l'industrie des fibres synthétiques, l'industrie pharmaceutique, le raffinage des pétroles, la fabrication de détergents, de pesticides, de colorants, d'additifs pour huiles, ...

 

A 20°C, le phénol pur est un solide qui se présente sous la forme d'une masse cristalline ou d'aiguilles incolores, hygroscopique et d'odeur particulière à la fois âcre et douceâtre (limite olfactive: 0,05 ppm). Le phénol est soluble dans l'eau à raison de 8,7 % en poids à 25°C et en totalité à 66°C.

 

Chez l'homme, les intoxications aigües professionnelles sont rares et interviennent essentiellement par voie cutanée, la faible volatilité du produit limitant les risques d'inhalation de concentrations importantes. L'intoxication chronique se caractérise par des troubles digestifs, nerveux et cutanés, connus sous le nom de "marasme phéniqué".

 

En France, le ministère du travail a fixé à 5 ppm (19 mg/m3), la valeur limite de moyenne d'exposition (VME) indicative qui peut être admise dans l'air des locaux de travail.

 

 

2.9 - Cadmium. - Au plan des émissions atmosphériques, la principale source de cadmium est l'activité volcanique. Les sources anthropiques sont l'incinération des ordures ménagères, la production de zinc, plomb et cuivre, la combustion des énergies fossiles (plus particulièrement du charbon), ainsi que d'autres activités dans lesquelles on utilise le cadmium pour ses propriétés physiques et chimiques.

 

Le cadmium est un métal blanc-bleuâtre, ductile et malléable, qui se caractérise par une grande volatilité (ses points de fusion et d'ébullition sont respectivement de 321°C et 765 °C).

 

L'intoxication chronique professionnelle est essentiellement décrite chez des sujets exposés à des fumées d'oxyde ou à des poussières respirables de cadmium ou de ses composés. A titre indicatif, la concentration pouvant être admise dans l'air des locaux de travail (VLE) a été fixée à 0,05 mg Cd/m3 par le ministère du travail français.

 

 

2.10 - Mercure. - Le mercure est émis dans l'atmosphère du fait des activités de traitement des minerais ou des métaux, des activités chimiques, ainsi que du fait de l'incinération des ordures ménagères.

 

Pour ce qui concerne ce dernier type d'activité, le mercure est essentiellement transféré dans les gaz de combustion, en raison de sa température d'ébullition élevée (906°C). Malgré une tension de vapeur faible, ce composé émet, dès la température ordinaire, des vapeurs en quantité appréciable (la concentration de vapeur saturante est de 18 mg/m3 à 24°C).

 

On estime que le mercure émis en incinération a pour origine les piles et accumulateurs (90 à 93%), les papiers et les cartons (2 à 4%), les plastiques (1 à 2%), les ferrailles (1%), et les matières organiques (2%).

 

Chez l'homme, le mercure diffuse très rapidement à travers la paroi alvéolaire des poumons sous sa forme élémentaire ou sous forme de méthylmercure. Les conséquences d'intoxications au mercure sont très variables selon qu'il s'agisse d'intoxications aiguës ou chroniques. Après transfert par la paroi alvéolaire, le passage dans le sang et la distribution dans les organes est très rapide et les organes susceptibles d'être atteints sont, notamment, les reins et le foie. Par inhalation de vapeurs, l'intoxication aiguë se traduit par une irritation des voies respiratoires, une encéphalopathie parfois grave (coma, convulsions), des troubles digestifs, une stomatite et une atteinte tubulaire rénale. Au plan chronique, l'hydrargyrisme professionnel dû à une exposition prolongée à des vapeurs de mercure et/ou à des poussières de dérivés mercuriels se manifeste par une encéphalopathie, des tremblements, des troubles du comportement, et une atteinte neurologique.

 

En France, le ministère du travail a fixé les valeurs limites indicatives suivantes de moyenne d'exposition (VME) qui peuvent être admises dans l'air des locaux de travail:

 

-0,05 mg/m3 pour les vapeurs de mercure;

-0,1 mg/m3 (exprimé en Hg) pour les composés minéraux du mercure.

 

 

2.11 - Zinc. - Le zinc métal n'est pas toxique mais l'expérimentation animale et certains cas d'ingestion accidentelle ont montré que les sels solubles le sont. Dans l'industrie, l'exposition aux aérosols ou fumées de sels de zinc, particulièrement de chlorure de zinc, est à l'origine d'une irritation des muqueuses respiratoires et gastro-intestinales. En outre, le chlorure de zinc, caustique, peut causer des ulcérations cutanées. La toxicité du phosphure de zinc doit également être soulignée. Néanmoins, l'affection la plus fréquemment observée est due à l'inhalation de fumées d'oxyde de zinc, responsable de la "fièvre des fondeurs", qui peut notamment survenir après découpage au chalumeau de tôles galvanisées dans une atmosphère confinée.

 

En France, le ministère du travail a fixé, pour certains composés du zinc, les valeurs limites indicatives suivantes de moyenne d'exposition (VME) qui peuvent être admises dans l'air des locaux de travail:

 

-0,05 mg/m3 exprimé en chrome pour le chromate de zinc;

-1 mg/m3 pour les fumées de chlorure de zinc;

-5 mg/m3 pour les fumées d'oxyde de zinc;

-10 mg/m3 pour les poussières d'oxyde de zinc et de stéarate de zinc.

 

En incinération d'ordures ménagères, le zinc, en raison de sa température d'ébullition relativement élevée (907°C à la pression atmosphérique), se retrouve pour moitié dans les gaz de combustion et pour moitié dans les mâchefers.

 

 

2.12- Monochlorure de vinyle. - Le monochlorure de vinyle (ou chloroéthylène) est principalement utilisé comme monomère dans la fabrication de polychlorure de vinyle (PVC). Il intervient également comme matière première en synthèse organique (1,1,2-trichloroéthane).

 

Dans les conditions normales de température et de pression, le monochlorure de vinyle est un gaz incolore, d'odeur légèrement éthérée.

 

 

La DL50 par voie orale chez le rat est de 500 mg/kg. La CL50 pour une exposition de 2 heures est de 294 mg/m3 chez la souris, de 595 mg/m3 chez le cochon d'Inde et de 295 mg/m3 chez le lapin. Les principaux signes observés en expérimentation animale sont une excitation neuromusculaire avec crampes et convulsions, une sédation consécutive à l'état d'hyperexcitabilité, et des troubles respiratoires suivis d'apnée. Les études histologiques ont mis en évidence des atteintes hépatiques et rénales.

 

Chez l'homme, les troubles provoqués par le chloroéthylène ont été bien décrits. Notamment, l'inhalation de ce composé volatil est susceptible d'engendrer des effets cancérigènes (angiosarcomes hépatiques, cancers des bronches, leucémies, cancers du cerveau) ainsi que des troubles neurologiques et hépatiques (fibroses, cirrhoses). Etant donné les risques liés à l'inhalation de ce composé, la réglementation française impose des concentrations limitées à 1 ppm dans l'ambiance de travail des installations mises en service après le 1er septembre 1980, et de 3 ppm pour les installations mises en service jusqu'à cette date.

 

 

2.13- Ozone (O3). - L'ozone troposphérique, à distinguer de l'ozone stratosphérique dont la fonction bénéfique est fondamentale, n'est pas un polluant primaire (émis directement par une source) mais secondaire : il résulte de l'interaction physico-chimique de composés anthropiques, dont NOx et COV, et de facteurs naturel (rayonnement solaire, ...).

 

L'action de ce gaz est variable selon sa concentration, la durée d'exposition et la tolérance de chacun. Les vapeurs d'ozone sont particulièrement irritantes pour le système respiratoire et les muqueuses oculaires.

 

Ce polluant n'est pas évoqué dans le cadre des inventaires d'émissions de ce document.