Altérations hydromorphologiques

Altérations hydromorphologiques

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Outre la qualité biologique et la qualité physico-chimique des cours d’eau, la Directive Cadre sur l’Eau impose désormais la prise en compte de l’hydromorphologie dans le programme de surveillance des eaux. L’hydromorphologie d’un milieu aquatique correspond à ses caractéristiques hydrologiques (état quantitatif et dynamique des débits, connexion aux eaux souterraines) et morphologiques (variation de la profondeur et de la largeur de la rivière, caractéristiques du substrat du lit, structure et état de la zone riparienne) ainsi qu’à sa continuité (migration des organismes aquatiques et transport de sédiments). Elle résulte de la conjugaison de caractéristiques climatiques, géologiques, du relief et de l’occupation des sols.

Les altérations hydromorphologiques, qui modifient le fonctionnement naturel des cours d’eau, sont liées aux pressions anthropiques qui s’exercent sur les sols du bassin versant et sur les cours d’eau. Les obstacles à l’écoulement, la chenalisation, le curage, la rectification du tracé, l’extraction de granulats, la suppression de ripisylve, le drainage, l’irrigation, l’imperméabilisation ou le retournements des sols sont autant de sources d’altérations hydromorphologiques.

Ces dégradations physiques ont différents types d’impacts qui peuvent nuire au bon état écologique des cours d’eau en entraînant par exemple :
- la disparition et l’uniformisation des habitats ;
- l’interruption de la continuité écologique : isolement génétique, blocage des migrations ancestrales des espèces et des sédiments ;
- la modification du régime hydrologique ;
- le colmatage des substrats ;
- la déconnexion des annexes hydrauliques.

Afin de suivre l’hydromorphologie des cours d’eau et d’en caractériser l’impact sur le bon état biologique, différents outils de recensement et d’analyse des pressions, ainsi que de caractérisations hydromorphologiques ont été développés par l’ONEMA en collaboration avec ses partenaires (Irstea, CNRS, Agences de l’eau, MEEDDM) :

Le Référentiel des obstacles a l’écoulement (ROE)

En France métropolitaine, plusieurs dizaines de milliers d’obstacles à l’écoulement – barrages, écluses, seuils… - ont été recensés sur les cours d’eau. Ils sont à l’origine de profondes transformations de la morphologie et de l’hydrologie des milieux aquatiques, et ils perturbent fortement le fonctionnement de ces écosystèmes.

Pour rétablir la continuité écologique, il est nécessaire d’inventorier l’ensemble des obstacles du territoire, de disposer de données fiables, consolidées et homogènes au plan national, ainsi que d’évaluer les risques d’impact sur les écosystèmes aquatiques (notamment sur l’état écologique des cours d’eau au sens de la DCE).

Le ROE est aujourd’hui disponible. Il recense l’ensemble des ouvrages inventoriés sur le territoire national en leur associant des informations restreintes (code national unique, localisation, typologie) mais communes à l’ensemble des acteurs de l’eau et de l’aménagement du territoire. Il assure aussi la gestion et la traçabilité des informations en provenance des différents partenaires.

Notez que le référentiel actuellement mis en ligne est une version 6.0 figée mettant à disposition les données validées et gelées en date du 7 mai 2014. De lourds développements sont actuellement mis en œuvre pour assurer l’interopérabilité et la pérennité du Référentiel des Obstacles à l’Écoulement au travers d’une mise à disposition en temps réels, via le format d’échange défini par le Service d’Administration Nationale des Données et Référentiels sur l’Eau. Ce système de mise à disposition est garant de la bonne communication avec les autres systèmes d’information connecté au SIE.



Le site Carmen permet de visualiser les seuls ouvrages ROE validés et gelés au 7 mai 2014, également mis en consultation et téléchargement. Il s’agit du référencement des connaissances validées sur les obstacles du territoire national présenté dans un format cartographique. Ces données sont également disponibles au format WMS/WFS via le catalogue Carmen.



Les liens ci dessous permettent de visualiser les cartes ROE produite sur le site Carmen :

- En savoir plus sur le site de l’Onema
- Visualiser la carte des obstacles du ROE en métropole au 7 mai 2014
- Visualiser la carte des obstacles du ROE en Martinique au 7 mai 2014
-  Visualiser la carte des obstacles du ROE à la Réunion au 7 mai 2014
- Télécharger le ROE V6.0 et ses informations complémentaires
- Télécharger le guide d’administration du ROE (en cours d’actualisation pour la période 2013-2015)

Informations sur la Continuité Écologique (ICE)

Permettant d’évaluer le risque d’impact de chacun des obstacles sur la continuité écologique (possibilités de franchissement par la faune aquatique, perturbation des migrations, qualité du transport sédimentaire…), une base de données nationale permettra à terme de bancariser les données issues du protocole de relevés d’Informations sur la Continuité Écologique (ICE) et de produire ces indicateurs validés par l’expertise. Son architecture sera positionnée sur le Référentiel des Obstacles à l’Écoulement. Elle est actuellement en cours de développement.

La méthode SYRAH (Système Relationnel d’Audit de l’Hydromorphologie)

Elle a été mise au point par l’Irstea et développée à partir d’informations SIG pour estimer les pressions anthropiques qui s’exercent au sein d’une zone géographique ou sur un tronçon de rivière (urbanisation, agriculture, voie de communication, destruction des corridors rivulaires…) et en déduire les risques de présence d’altérations hydromorphologiques d’un cours d’eau ;

CARactérisation de l’HYdromorphologie des Cours d’EAU - CARHYCE

Dans le but de dresser un diagnostic de la qualité hydromorphologique des cours d’eau, comme le requiert la Directive-cadre sur l’eau (DCE), il paraissait essentiel de mettre en place un système national de mesure et de suivi, basé sur des données collectées sur le terrain. Ainsi, le protocole CARHYCE a été mis au point par un groupe d’experts (Onema, Agences de l’eau, ministère chargé de l’écologie, Irstea, CNRS) : il permet le recueil des données sur l’hydromorphologie des cours d’eau prospectables à pied et donc une caractérisation sur le terrain à l’échelle d’une station.

L’approche CARHYCE se compose d’un protocole de terrain standardisé et d’une base de données à l’échelle nationale. Ainsi, elle permet de disposer de données hydromorphologiques de terrain objectives (limitation maximale du recours à l’expertise) permettant de définir des tendances statistiques utilisées pour la construction d’un référentiel hydromorphologique. Intégré au programme de surveillance de la DCE, il prévoit de réaliser des mesures de géométrie hydraulique (pente, débit, etc.), de décrire les habitats (berges, ripisylves, etc.) et de déterminer la fraction granulométrique.

L’objectif, à terme, sera de pouvoir relier les observations hydromorphologiques aux observations biologiques faites au niveau des mêmes stations de mesures sur l’ensemble du territoire.

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Répartition des obstacles à l’écoulement

Au 7 mai 2014, on dénombre 76 807 obstacles à l’écoulement recensés dans la base de données gérée par l’Office national des eaux et milieux aquatiques (Onema), dont :
- 76 292 obstacles en métropole ;
- 382 en Martinique ;
- 133 à la Réunion.


Données : ROE (Onema), mai 2014 / Source : Site web Eaufrance, Onema, 2014