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Impacts sur le système hydrologique

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Il ne fait aucun doute que le changement climatique aura des répercussions sur la ressource en eau et les milieux aquatiques. Il est plus délicat en revanche de préciser l’importance de ces impacts suivant la localisation géographique ou les processus en jeu. En effet, les projections en la matière résultent du croisement de modèles climatiques et hydrologiques et sont assorties de nombreuses incertitudes.

Le projet Explore 2070, porté par la direction de l’eau et de la biodiversité du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de l’Energie, a rassemblé experts et acteurs de l’eau afin de connaître les impacts du changement climatique sur les systèmes hydrologiques français et d’élaborer des stratégies d’adaptation.

Les travaux scientifiques dans leur ensemble permettent de dégager certaines tendances pour la France.

Concernant la pluviométrie :
- Une diminution des précipitations modérée en été sur pratiquement tout le territoire, mais une augmentation des précipitations en hiver, notamment dans le Centre et le Nord- Ouest
- Concernant les événements extrêmes, une augmentation des fortes pluies en hiver et une augmentation de la durée des sécheresses en été
- En milieu montagnard (Alpes et Pyrénées), une diminution importante de l’enneigement à faible altitude, moins marquée à plus haute altitude

Concernant les eaux de surface :
- Une diminution constante des débits moyens des rivières, de l’ordre de 10 à 40% à l’horizon 2070, particulièrement accentuée sur les contreforts pyrénéens
- Des étiages plus longs et plus sévères, notamment sur la moitié Sud

Concernant les eaux souterraines :
- Une baisse quasi générale de la recharge des grandes nappes souterraines
- Une baisse générale du niveau piézométrique des aquifères, très variable spatialement : les projections optimistes prévoient une baisse de l’ordre de 0,5 à 1,5 m dans les prochaines décennies, les projections pessimistes une baisse de 1 à 10 m

Et de manière générale :
- Une élévation des températures moyennes de l’eau, estimée à 1,6 °C à l’horizon 2070, avec de fortes disparités locales
- Une réduction de l’extension des zones humides, fréquemment alimentées par les nappes souterraines, et une fragilisation des aires urbaines situées à proximité des secteurs côtiers, notamment en Outre-Mer

L’impact de ces changements sur le cycle de l’eau pourrait être accentué (ou atténué) par les activités anthropiques. La chenalisation ou l’endiguement pourraient par exemple aggraver les inondations en probable augmentation dans les décennies à venir. L’étalement urbain pourrait limiter les surfaces d’infiltration accentuant les pics de crue et limitant la recharge des nappes. Enfin, le recours croissant à l’irrigation, le développement de cultures très consommatrices en eau en période d’étiage (cultures énergétiques, maïs, peuplier, etc.), les besoins croissants du secteur énergétique ou encore l’augmentation de la démographie dans certaines régions de France pourraient contribuer à accroitre les prélèvements en eau, avec pour conséquence une réduction des débits moyens des cours d’eau et du niveau piézométrique des nappes et une accentuation des risques d’étiages en été.