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Biodiversité

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Le réseau de référence pérenne

Les conséquences possibles du changement climatique sur la biodiversité sont pour l’heure difficiles à appréhender. Un nouveau réseau de surveillance de la qualité des eaux et milieux aquatiques est désormais disponible : le réseau de référence pérenne (RPP), mis en œuvre depuis 2013 (sur la base d’anciens réseaux à chroniques longues). Sur 339 stations disposées sur des cours d’eau qui ne subissent que peu de pressions d’origine anthropique, des mesures annuelles sur les peuplements de poissons, d’invertébrés et de flore aquatique fournissent une vue d’ensemble sur l’évolution de la biodiversité aquatique due aux seules variations naturelles dont le changement climatique et ses conséquences sur les débits et l’hydromorphologie.

Les données issues du réseau de référence pérenne constitueront à terme une base essentielle de connaissance technique sur le fonctionnement de nos milieux et permettront d’apprécier plus précisément l’importance relative des perturbations d’origine anthropiques et du changement climatique.

Les populations de poissons

L’évolution des populations de poissons dans les cours d’eau français a déjà fait l’objet d’une première étude. Excellent indicateur de la qualité des eaux, le poisson est un des premiers témoins et victimes du changement climatique. Les séries de données sur du long terme collectées par l’ONEMA ont pu être utilisées pour comprendre ces impacts.

L’étude montre que l’augmentation de la température de l’eau influe sur certains caractères physiologiques des espèces tels que la croissance et la reproduction, et peut provoquer une modification des rythmes biologiques saisonniers, concernant par exemple la reproduction et les migrations. Les modules statistiques montrent également une contraction, une expansion ou un déplacement de l’aire de distribution selon les espèces. Une diminution des habitats favorables aux poissons d’eau froide, comme la truite ou le saumon d’Atlantique et, inversement, une augmentation des habitats pour les espèces plus tempérées (comme le chevesne), sont observées. Certaines espèces se sont déplacées le long du cours d’eau en remontant en altitude sur le gradient amont-aval. Ces déplacements ont entraîné une modification de la composition des communautés avec pour conséquence une variation de la richesse spécifique et du nombre d’espèces dominantes et un accroissement des risques d’extinction locale.

Mais la portée de ces résultats doit être nuancée car il est particulièrement difficile, pour les milieux d’eau douce, de distinguer les effets du changement climatique de ceux des activités humaines. Les aménagements réalisés sur les réseaux hydrographiques (barrages, retenues, artificialisation des berges), les prélèvements d’eau et les rejets d’eau de mauvaise qualité peuvent accentuer ou contrer les modifications écologiques induites par le changement climatique.