Agir pour lutter contre le changement climatique

Toit végétalisé d'un immeuble à Lausanne

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Agir pour lutter contre le changement climatique

27 juin 2019 -
Changement climatique
L’adaptation et l’atténuation sont deux stratégies complémentaires pour réduire et maîtriser les risques liés au changement climatique.
L’atténuation a pour objectif de limiter fortement les émissions de CO₂ et ainsi de réduire les risques climatiques dans le futur.
La réduction des impacts permet de réduire les coûts liés à l’adaptation.

Atténuation et adaptation : deux approches complémentaires

Atténuation et adaptation : deux approches complémentaires

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L’atténuation du changement climatique

Les méthodes d’atténuation visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), soit directement en minimisant la production des GES à la source, soit indirectement en piégeant les GES déjà présents dans l’atmosphère.

Les mesures de réduction directe des émissions de GES s’appuient sur des changements de pratiques qui concernent toutes les activités humaines. Les actions majeures de réduction des émissions de GES sont la diminution de la consommation d’énergies fossiles, produites à partir du charbon, du pétrole ou du gaz naturel, leur remplacement par des énergies renouvelables, ainsi que l’amélioration de l’efficacité énergétique du matériel et des bâtiments (ex : optimiser l’isolation des maisons en modernisant les fenêtres et en les remplaçant par des fenêtres PVC double vitrage).

Énergies renouvelables

Une énergie est dite renouvelable lorsqu’elle est dérivée de processus naturels en perpétuel renouvellement. Il existe différentes formes d’énergies renouvelables : l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’énergie hydraulique, l’énergie de la biomasse, l’énergie géothermique, etc.

En 2017, 10,1 % de la production totale d'électricité en France métropolitaine est d'origine hydraulique.
Elle est en baisse de -16,3%  par rapport à 2016.

Les mesures de réduction indirecte des concentrations de GES atmosphériques visent à retirer du carbone de l’atmosphère, pour en diminuer les concentrations. Elles visent à favoriser l’augmentation de la surface des puits de carbone tels que les forêts en formation, les tourbières, etc.
Plus leur surface est importante, plus la quantité de CO2 atmosphérique qui peut être piégée et stockée par ces puits de carbone est grande. Leur préservation est donc essentielle.

Schéma simplifié du cycle du carbone montrant les flux entre les stocks biologiques et géologiques de carbone

© d'après Maxime Lev, Wikipédia - CC BY-SA 3.0

Schéma simplifié du cycle du carbone montrant les flux entre les stocks biologiques et géologiques de carbone

En complément de ces démarches s’appuyant sur les écosystèmes naturels, des techniques de piégeage et stockage “artificiel” du CO2 (PSC) se développent : elles relèvent de la “géoingénierie”.

Les tourbières et le stockage de carbone

Les tourbières sont des réservoirs de biodiversité et des puits de carbone exceptionnels. Ils stockent 75% de tout le CO2 atmosphérique : si les tourbières ne sont pas détruites ou modifiées, le carbone reste stocké à long terme.
Ces écosystèmes fragiles sont aujourd’hui fortement menacés du fait du drainage, de l’urbanisation, des incendies et du changement climatique : chaque année, environ 40 000 km2 de tourbières sont perdus dans le monde.

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L’adaptation au changement climatique

La démarche d’adaptation est complémentaire des actions d’atténuation. Elle vise à adapter les sociétés humaines au climat actuel ou attendu ainsi qu’à ses conséquences, afin d’en réduire les impacts. L’adaptation au changement climatique s’appuie sur deux piliers essentiels : la résilience aux événements extrêmes (sécheresses, crues, orages, etc.) et l’anticipation des changements dits progressifs (diminution des recharges de nappes, etc.).
L’adaptation consiste à anticiper et limiter les dégâts éventuels provoqués par le  changement climatique en réduisant la vulnérabilité des territoires, par exemple en évitant l’urbanisation des zones à risque d’inondation (en savoir plus sur les risques liés à l’eau), et de disposer des moyens nécessaires pour remettre rapidement en état les zones sinistrées.

L’adaptation s’applique aux usages et aux activités humaines, qui sont en capacité d’évoluer afin de limiter les risques liés aux impacts du changement climatique (ex : réduction de la consommation d’eau pour anticiper la pénurie d’eau). Les méthodes d’adaptation sont développées à toutes les échelles : au niveau national au sein de politiques publiques (ex : Plan national d’adaptation au changement climatique), au niveau régional (ex : stratégie d’adaptation au changement climatique dans le Grand Ouest), au niveau local (ex : mise en place d’éco-quartiers au sein d’une ville) ou au niveau individuel (ex : récupération et réutilisation des eaux de pluies pour nettoyer sa voiture ou arroser les plantes). 

Les mesures d’adaptation concernent également la sécurité alimentaire des populations, dans le secteur de l’agriculture, pour s’adapter aux impacts du changement climatique et notamment de la raréfaction de l’eau, il est possible de choisir de planter des cultures adaptées au climat local ne nécessitant pas ou peu d’irrigation tel que le sorgho par exemple (agriculture climato-intelligente). 

De même, dans les villes, il devient de plus en plus fréquent de rencontrer des bâtiments présentant des toits ou murs végétalisés : ces techniques de végétalisation permettent une meilleure gestion des eaux de pluies mais également de lutter contre les îlots de chaleur (zone urbanisée où la température est plus élevée que dans les milieux environnants).

La mal-adaptation

Des mesures d’adaptation déployées trop rapidement ou sans vision stratégique peuvent mener à une mal-adaptation, c’est-à-dire à une situation où la vulnérabilité aux aléas climatiques est augmentée. Par exemple, le développement d’équipements pour protéger une autoroute de l’inondation pouvant mener à augmenter le risque de submersion d’une route départementale à proximité.

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Politiques internationales

Adoptée en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio, la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) est une convention universelle visant à éviter les impacts des activités humaines dangereux pour le climat.
Elle reconnaît trois principes :

  • principe de précaution : l’incertitude des impacts du changement climatique ne justifie pas une non-action ;
  • principe de responsabilité commune mais différenciée : les pays développés, responsables historiques des émissions de GES, doivent fournir la majeure partie des efforts de réduction des émissions ;
  • principe du droit au développement économique : les actions de lutte contre le changement climatique ne doivent pas impacter les besoins en matière de développement des pays (croissance économique durable et éradication de la pauvreté).

Événements politiques internationaux de lutte contre le changement climatique

Événements politiques internationaux de lutte contre le changement climatique

Les pays membres de la CCNUCC se réunissent à la fin de chaque année pour la Conférence des parties (COP) au cours desquelles sont prises des décisions majeures concernant la lutte contre le changement climatique.

Les COP depuis 1995 et les principales actions en découlant

Les COP depuis 1995 et les principales actions en découlant

Le Protocole de Kyoto a été le premier résultat des négociations internationales sur le climat. Signé en 1997, il est entré en vigueur en 2005, et fixe aux pays signataires des objectifs contraignant de réduction des émissions de GES d’environ 5 % entre 2008 et 2013 (première période d’engagement du protocole). Ratifié par la France en 1998, il a été prolongé en 2012 pour une seconde période d’engagement de 2013 à 2020.

L’Accord de Paris adopté en 2015 repose sur la coopération afin d’inciter l’ensemble des acteurs à agir en faveur du climat. L’accord fixe un objectif global de réduction des émissions de GES à long terme, mais accorde une certaine flexibilité aux pays signataires : ils déterminent eux-même leurs engagements climatiques via une contribution nationale qui détermine les efforts envisagés pour la lutte contre le changement climatique.
Cette approche a permis de rassembler un nombre d’engagements importants (168 pays signataires en 2017).

United Nations Climate Change UNCC

Le site de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques (CCNUCC) met à disposition différents documents de décisions ainsi que les actions de coopération internationale sur le changement climatique.
Consultez le sire UNCC

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La politique nationale de lutte contre le changement climatique

En France, le programme de Gestion et Impacts du Changement Climatique (GICC) est créé en 1999, avec l’objectif de développer les connaissances concernant le changement climatique, ses impacts et les moyens de lutte (atténuation et adaptation) pour appuyer les politiques publiques en mobilisant des équipes pluridisciplinaires. Ce programme de recherche aboutit, suite à une large concertation menée par l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC), à l’adoption de la Stratégie nationale d’adaptation au changement climatique (SNACC) en 2006. Elle exprime le point de vue de l’État français sur la manière d’aborder la question de l’adaptation au changement climatique.

Chronologie des politiques d’adaptation au changement climatique en France

Chronologie des politiques d’adaptation au changement climatique en France

Le 1er Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC1) a pour but de présenter des mesures concrètes et opérationnelles pour préparer la France à faire face aux nouvelles conditions climatiques. Il est adopté en 2011 pour une période de 5 ans (PNACC1 : 2011-2015). Ce plan multisectoriel préconise des mesures autour de quatre objectifs majeurs : protéger les personnes et les biens, éviter les inégalités devant les risques, limiter les coûts et tirer parti des avantages et préserver le patrimoine naturel.

Après la réussite de la COP21 à Paris en 2015, la France élabore une Stratégie nationale bas carbone (SNBC) qui décrit les orientations pour mettre en oeuvre la transition vers une économie bas-carbone, réduire les émissions sur le territoire et plus généralement l’empreinte carbone de la France est mise en place. 

Le 2e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC2) est lancé en 2018, et vise une adaptation effective dès le milieu du XXIe siècle à un climat prévisible avec une hausse de température de +1,5 à 2 °C au niveau mondial par rapport au XIXème siècle. Il renforce le  traitement du lien entre les différentes échelles territoriales, l’articulation avec l’international et les pays limitrophes, et la promotion des solutions fondées sur la nature.

Solutions fondées sur la nature (SFN)

Les solutions fondées sur la nature sont des actions visant à relever les défis de la société en s’appuyant sur les mécanismes qui régissent naturellement les écosystèmes naturels. De nombreuses SFN sont liées aux milieux aquatiques, notamment celles qui s’appuient sur les mécanismes de rétention de l’eau (mesures naturelles de rétention des eaux (MNRE)).
Les SFN contribuent à la lutte contre le changement climatique. Par exemple, la restauration de prairies inondables constitue une mesure d’adaptation puisqu’elle peut contribuer à limiter l’impact d’inondations plus fréquentes.

Afin d’accélérer la transition énergétique et climatique ainsi que la mise en oeuvre de l’accord de Paris, le ministère en charge de l’écologie a présenté en 2017, le Plan Climat. Il s’agit notamment de viser la neutralité des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Ce plan climat se décline au niveau régional en plans-climat-air-énergie territoriaux (PCAET)

Au niveau des bassins hydrographiques français (en savoir plus sur les bassins hydrographiques français), chaque agence de bassin a adopté son plan d’adaptation au changement climatique. Il propose une stratégie liée aux spécificités de chaque bassin et des mesures concrètes ainsi qu’une charte d’engagement : plan d’adaptation au changement climatique du bassin Rhin-Meuse, du bassin Rhône-Méditerranée, du bassin Seine-Normandie, du bassin Loire-Bretagne, du bassin Artois-Picardie, du bassin Adour-Garonne, du bassin Corse.