Le transport fluvial et maritime dans le cycle de l’eau

Docks et porte-conteneurs sur le port maritime de Rotterdam

Docks et porte-conteneurs sur le port maritime de Rotterdam

Le transport fluvial et maritime dans le cycle de l’eau

11 avril 2019 -
Transport fluvial et maritime
Usages de l'eau et des milieux aquatiques
Contrairement au transport maritime, le transport fluvial peut nécessiter des prélèvements d’eau pour alimenter les canaux artificiels. L’eau ainsi prélevée dans des rivières est restituée intégralement au milieu naturel. Les seuls rejets impliqués par le transport fluvial et maritime sont les eaux usées des équipages, mais des rejets accidentels peuvent survenir. Par ailleurs, les activités de transport s’accompagnent d’une modification parfois forte des milieux.

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Des prélèvements d’eau pour alimenter les canaux artificiels

Les canaux artificiels utilisés pour le transport fluvial nécessitent des apports d’eau permanents. De l’eau est ainsi prélevée dans les cours d’eau pour alimenter les canaux.

L’alimentation des canaux bénéficie d’environ 14,5 % de l’eau prélevée dans les milieux, soit approximativement 5,5 des 38,5 milliards de mètres cubes d’eau douce et saumâtre prélevés en 2013 par exemple (d’après AFB, 2017). Ces volumes sont du même ordre que ceux prélevés pour l’alimentation en eau potable, à la différence qu’ils proviennent en quasi-totalité des eaux de surface.

Seules les régions du sud-est de la France (Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur) prélèvent 1 à 6 % de l’eau pour cet usage dans les ressources souterraines.

Les usages de l’eau et des milieux aquatiques pour le transport maritime et fluvial

Les usages de l’eau et des milieux aquatiques pour le transport maritime et fluvial
bnpe Données sur les prélèvements en eau

La banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE) recense les informations sur les prélèvements sur la ressource en eau en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer.

La répartition de ces prélèvements n’est pas homogène sur le territoire, puisqu’ils se concentrent aux endroits où le réseau de canaux artificiels est le plus dense : le quart nord-est (deux tiers des volumes) et le sud-est (un tiers des volumes) de la France.

Carte Volume d’eau prélevé pour l’alimentation des canaux par région en 2013

Carte Volume d’eau prélevé pour l’alimentation des canaux par région en 201

Les équipages des navires et des péniches de transport utilisent aussi de l’eau potable pour leur usage domestique. Des réserves d’eau potable sont ainsi embarquées, et remplies régulièrement à quai.

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Une eau restituée aux milieux, mais des rejets ponctuels

Les volumes prélevés sont intégralement injectés dans les canaux, et rejoignent les milieux aquatiques après leur écoulement. La part consommée par cet usage est donc nulle globalement. Cependant, lorsque le canal alimenté s’écoule dans un bassin versant différent de celui du point de prélèvement d’eau, les bilans hydrologiques des deux bassins sont modifiés.

La présence d’un équipage (qui consomme de l’eau potable) à bord conduit à la production d’eaux usées, de deux types : les eaux noires - eaux des toilettes - et les eaux grises, constituées des eaux de lavage (vaisselle, entretien du bateau, etc.). Ces eaux usées sont collectées sur le bateau pour être traitées par un dispositif d’épuration s’il en est équipé, ou être évacuées puis transportées vers une station de traitement à terre.

Les rejets de substances par les activités de transport de marchandises sont souvent des cas accidentels, comme les fuites de carburant. Des rejets de déchets peuvent aussi intervenir en cas de casse de matériel, ou lorsque des objets laissés sans surveillance sont emportés par le vent. Enfin, des rejets volontaires peuvent exister, comme les dégazages illégaux.

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Des écosystèmes fortement aménagés

Le transport fluvial implique la modification de la morphologie des fleuves et des rivières appartenant aux voies navigables, de manière à garantir la sécurité de la navigation et la rendre indépendante des aléas naturels comme les étiages et les crues.
Généralement, les berges et le lit sont canalisés. La construction d’écluses sur le réseau de voies navigables permet par ailleurs de maintenir une ligne d’eau régulière et constante le long du réseau. Ces aménagements, tout comme la construction de canaux artificiels, entraînent une artificialisation des écosystèmes aquatiques, dont le fonctionnement devient semblable à celui de cours d’eau dont l’écoulement est très lent (en savoir plus sur l’artificialisation des milieux).

Automoteur sur le canal Saint-Denis au niveau d'une écluse transportant du gravier

Automoteur sur le canal Saint-Denis au niveau d'une écluse

Le transport maritime génère aussi la modification des milieux.
Du fait de leur fort tirant d’eau - la hauteur de la partie immergée de la coque - les navires maritimes nécessitent le maintien d’un chenal de navigation profond dans les baies et les estuaires. Des dragages sont donc réalisés pour retirer les sédiments d’une partie du lit et maintenir une profondeur suffisante.

La construction des ports maritimes contribue par ailleurs fortement à l’artificialisation des milieux côtiers et estuariens par la création de quais et de voies d’accès sécurisées.