Des milieux naturellement humides

Mare des Nonnains, Luzarches

Mare des Nonnains, Luzarches

Des milieux naturellement humides

11 avril 2019 -
Milieux humides
Eau et milieux aquatiques
Eau et biodiversité
Malgré des modalités de fonctionnement très différentes, les milieux humides ont le point commun d’agir comme des zones “tampon” dans le bassin versant. Leur diversité de taille, de forme et de fonctionnement en font des écosystèmes d’une grande richesse en habitats naturels, permettant d’accueillir une biodiversité abondante.

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Des régulateurs hydrologiques et des épurateurs naturels dans le bassin versant

De par leur fonctionnement, les milieux humides ont tendance à agir comme des éponges dans le bassin versant. Ils se gorgent d’eau durant l’automne et l’hiver, lorsque les pluies sont importantes. Au printemps et en été, l’eau accumulée s’écoule ou s’évapore progressivement. Ce phénomène varie fortement d’un milieu à l’autre, selon de nombreux facteurs - la forme, la taille ou la position dans le bassin versant - mais globalement leur présence contribue à ralentir la propagation des crues vers l’aval et à alimenter les milieux aquatiques en eau durant les périodes sèches : ils assurent un rôle de régulation hydrologique.

Les milieux humides sont aussi susceptibles d’agir comme des filtres dans le bassin versant. Le caractère stagnant de l’eau provoque la sédimentation des particules en suspension, et permet à la végétation et aux nombreux micro-organismes qui vivent dans le sol d’y puiser les nutriments dont ils ont besoin. En particulier, l’inondation du sol favorise la consommation de l’azote et du phosphore par les bactéries. Cette caractéristique est également très variable d’un milieu humide à l’autre mais globalement ils participent à l’épuration naturelle de l’eau.

Ce fonctionnement naturel peut être perturbé et même interrompu par les aménagements visant à accélérer l’évacuation de l’eau - le creusement de fossés par exemple - ou à empêcher l’entrée d’eau - comme la présence d’une digue au bord d’un fleuve. Les milieux humides étant tributaires de la présence d’eau, les actions qui visent leur assèchement mènent inexorablement à leur disparition.

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Des habitats naturels qui contribuent à la continuité écologique

Les facteurs naturels, comme la pente et la nature du sol ou la taille du bassin versant, déterminent les formes que prennent les milieux humides. La variabilité de ces paramètres explique l’existence de milieux très différents les uns des autres : tourbières en altitude, prairies humides en plaine, marais littoraux près de la côte, etc.

De ces facteurs découle également une grande diversité d’habitats, différents nature différente d’un milieu à l’autre : landes humides à bruyère, prairies humides à hautes-herbes, tourbières à sphaigne, bas-marais, etc.

Répartis sur l’ensemble du territoire, les milieux humides permettent en outre la connexion des milieux aquatiques entre eux. A ce titre, ils sont un élément essentiel de la continuité écologique dans le bassin versant (en savoir plus sur la continuité écologique).

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Une faune et une flore spécifiquement adaptées

Les milieux humides sont des milieux de vie pour de nombreuses espèces aquatiques, animales ou végétales. La diversité biologique qu’ils hébergent est très importante. Certaines espèces y effectuent l’intégralité de leur cycle de vie. Pour d’autres, il s’agit seulement d’un lieu de reproduction ou d’approvisionnement en eau, mais leur existence est nécessaire.

La végétation se compose de plantes hygrophiles, c’est-à-dire de plantes qui aiment l’eau. Certaines se contentent d’un sol gorgé d’eau - certains joncs par exemple - mais d’autres nécessitent une véritable inondation. Ces dernières peuvent être des hydrophytes, qui vivent entièrement immergées ou flottent à la surface de l’eau, ou des hélophytes, dont les tiges sont aériennes. Le nénuphar est ainsi une hydrophyte alors que l’iris des marais est une hélophyte.

Les tourbières, Secrétariat de la Convention Ramsar, 2016

Les milieux humides accueillent de nombreuses espèces de plantes qui ne s’observent nulle part ailleurs : par exemple, les sphaignes et les plantes carnivores drosera dans les tourbières, la fritillaire pintade dans les prairies humides, ou l’épipactis des marais, une orchidée sauvage, dans les zones de marécages.

La faune est également très abondante. De nombreux invertébrés s’y reproduisent, notamment les libellules.
Lorsque la profondeur d’eau et la connexion avec les milieux aquatiques le permettent, des poissons peuvent également être observés - par exemple le brochet, dont les zones humides de bord de rivière constituent le lieux de reproduction, appelés “frayères”.
Les amphibiens - grenouilles, crapauds, tritons et autres salamandres - en font leur lieu de vie privilégié.
Les milieux humides sont par ailleurs fréquentés par un grand nombre d’oiseaux et de mammifères, qui viennent s’y alimenter ou nicher.

Ponapomi Portail National des données sur les Poissons Migrateurs

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Enfin, les milieux humides sont déterminants pour les oiseaux lors de leur migration ou durant l’hivernage.
De nombreux oiseaux du nord de l’Europe arrivent à l’automne pour passer l’hiver dans les milieux humides français. C’est le cas par exemple du vanneau huppé ou de la bernache cravant.

Vanneaux huppés et mouettes rieuses en hivernage dans une zone humide

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