Limiter l’érosion et ses conséquences

Moutarde utilisée comme engrais vert, Thésée-la-Romaine

Moutarde utilisée comme engrais vert, Thésée-la-Romaine, Loir-et-Cher
En évitant de laisser le sol nu, elle empêche le lessivage du sol en hiver.

Limiter l’érosion et ses conséquences

11 avril 2019 -
Érosion
Pressions sur les milieux et risques
La lutte contre l’érosion et ses conséquences passe par la protection des sols dans tout le bassin versant, en agissant notamment sur le ruissellement. Les aménagements susceptibles d’accentuer le phénomène doivent être limités au minimum, ce qui justifie une réglementation à leur égard. Les mouvements de terrain et l’érosion côtière font en outre l’objet de préventions spécifiques pour réduire les risques qu’ils représentent.

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Limiter l’érosion des sols et ses conséquences

La manière la plus efficace de lutter contre l’érosion hydrique des sols est de favoriser le phénomène d’infiltration pour limiter le ruissellement. Pour les sols cultivés, diverses pratiques culturales peuvent être mise en œuvre par les agriculteurs pour augmenter l’irrégularité du sol et limiter le ruissellement.
Par exemple, l’implantation d’un couvert végétal en hiver évite de maintenir le sol à nu plusieurs mois, limitant ainsi son exposition au vent et à la pluie.

La culture d’avoine comme couverture d’hiver

La culture d’avoine comme couverture d’hiver

Pour les sols transformés ou recouverts de surfaces imperméables (parking, toitures, etc.), il est aussi possible d’utiliser des techniques permettant l’infiltration de l’eau : favoriser l’utilisation de revêtements infiltrant pour les parkings, implanter des toitures végétalisées, prévoir des fossés ou des noues enherbées pour infiltrer les eaux pluviales, créer des jardins de pluies, etc.

Il est possible de mettre en œuvre des solutions curatives dans les secteurs fortement impactés : c’est l’objet de l’hydraulique douce. Ce sont des éléments du paysage tels que des bois, des haies, des talus ou des bandes enherbées, qui sont positionnées de manière à intercepter les écoulements d’eau en surface. La présence d’une végétation permanente y ralentit la vitesse de l’eau, ce qui provoque le dépôt des particules de sol. En zone urbaine, une désimperméabilisation peut être pratiquée à l’occasion de travaux de rénovation ou d’aménagement, en remplaçant les revêtements imperméables par des revêtements qui perméables.

Désimperméabiliser les villes, une démarche gagnante

Dans les zones urbaines, désimperméabiliser les sols permet une meilleure infiltration de l’eau pluviale et donc la réduction des volumes d’eau pluviale à évacuer. Le plus faible ruissellement par temps de pluie limite l’érosion des sols et des milieux aquatiques.
La désimperméabilisation réduit par ailleurs le risque d’inondation, contribue à la préservation de la qualité de l’eau, accueille de la nature en ville et atténue les températures extrêmes en période de fortes chaleurs.

Dans les secteurs où l’érosion est particulièrement problématique - identifiés comme « zone d’érosion » - le préfet peut décider la mise en place d’un « programme d’actions érosion », spécifique à cette problématique. Il rend par exemple certaines pratiques agricoles de lutte contre l’érosion obligatoires.

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Limiter les travaux et les aménagements dans les milieux

Il est important de limiter au maximum les travaux et les aménagements qui provoquent une artificialisation des rives, des berges et du lit des milieux, ou une modification importante de leur hydrologie.

La réglementation vise à éviter ces situations. Les travaux d’aménagements sont réglementés par la procédure des installations, ouvrages, travaux et aménagements soumis à la Loi sur l’eau, dite « procédure IOTA ». Les projets concernés par cette réglementation, comme par exemple l’artificialisation de la rive d’un cours d’eau, doivent faire l’objet d’une autorisation des services de police de l’eau (en savoir plus sur l’artificialisation des milieux). Les projets réalisés illégalement doivent faire l’objet d’une remise en état.

Certaines activités susceptibles d’altérer la morphologie ou l’hydrologie des milieux relèvent de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Elles nécessitent une autorisation par la DREAL - parfois directement du ministère en charge de l’écologie pour les plus grands projets - pour pouvoir être exercées. L’extraction de granulats dans le lit des rivières et l’exploitation d’un barrage hydroélectrique sont deux exemples d’activités encadrées par la réglementation ICPE.

 

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Prévenir les impacts des mouvements de terrain

En tant que risques naturels, les mouvements de terrain font l’objet d’une prévention pour en réduire l’impact sur les personnes et les biens. Les habitants concernés par ce risque doivent être informés par deux documents : l’un à l’échelle départementale - le dossier départemental des risques majeurs (DDRM), l’autre à l’échelle communale lorsque le territoire de la commune est concerné - le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM).

Pour les territoires les plus exposés, un plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) doit être élaboré par la DDT, à l’échelle départementale. Le PPRN définit les règles d’urbanisme pour réduire l’exposition des populations au risque. Il précise par exemple les zones où les constructions sont interdites, les règles imposées aux nouvelles constructions ou les mesures d’adaptation des constructions existantes. En cohérence avec les documents d’urbanisme (plan local d’urbanisme - PLU - notamment), il vise à éviter les nouvelles constructions dans les zones concernées par des mouvements de terrain.

Parfois, des mesures de réduction de la vulnérabilité peuvent permettre de diminuer le risque. C’est par exemple le cas de la pose de filets pare-blocs sur les falaises, pour intercepter les chutes de blocs. Ces solutions sont toutefois limitées, et ne permettent pas de se protéger des évènements de grande intensité. Dans les zones les plus à risque, la délocalisation des biens peut être la seule solution : il est nécessaire d’abandonner la zone.

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Lutter contre le recul du trait de côte

L’érosion côtière peut faire l’objet de PPRN dédiés, au même titre que les mouvements de terrain. Les réglementations IOTA et ICPE s’appliquent aussi sur le littoral, l’objectif étant de limiter les aménagements et activités susceptibles d’accentuer le phénomène.

La particularité de l’érosion côtière est de concerner une zone où l’occupation humaine est particulièrement dense, et d’être accentuée par le changement climatique (en particulier la montée du niveau de la mer). Pour mieux tenir compte de ce cas particulier, la France a adopté une stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte. Cette stratégie a pour objectifs d’améliorer la connaissance sur le trait de côte et son recul, de mieux l’intégrer dans l’aménagement du littoral, d’encourager l’adaptation des territoires et de trouver les moyens de la financer, ainsi que de sensibiliser l’ensemble de la population à l’importance de gérer le trait de côte (d’après Ministère en charge de l’écologie).