Les inondations et les submersions marines

Inondations en février 2014 à Châteaulin

Inondations en février 2014 à Châteaulin

L'Aulne en crue déborde largement, l'eau recouvrant les quais et inondant le rez-de-chaussée des maisons riveraines.

Les inondations et les submersions marines

21 décembre 2018 -
Inondations et submersions
Pressions sur les milieux et risques
Les inondations et les submersions marines sont les risques naturels qui concernent le plus grand nombre de personnes en France. Phénomène saisonnier qui trouve sa source dans des précipitations soutenues et durables, l’inondation peut aussi venir de la mer ou des eaux souterraines. Ce risque naturel peut être fortement accentué par les activités humaines et les aménagements.

Les sites de données sur les inondations

Base de Données Historiques sur les Inondations (BDHI) Logo
CartOgraph' Données de synthèse sur l'eau
Géorisques Mieux connaître les risques du territoire
Vigilances crues
Vigilance Météo-France

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Les inondations, des phénomènes naturels et saisonnier

L’inondation désigne la submersion temporaire par l’eau d’une zone habituellement hors d’eau, qu’elle qu’en soit l’origine. Elle est souvent confondue avec la crue, qui est une augmentation plus ou moins durable du débit d’une rivière ou d’un fleuve (en savoir plus sur les crues des cours d’eau). Les crues peuvent effectivement provoquer des inondations, mais ces dernières ont parfois une autre origine : le ruissellement urbain, une submersion marine ou encore la remontée d’une nappe souterraine au-dessus de la surface du sol. Les inondations peuvent aussi résulter d’un accident, comme dans le cas de la rupture d’un barrage.

En France, le risque inondation concerne une partie importante de la population. Ainsi en métropole, ce sont 17,1 millions d’habitants et 9 millions d’emplois qui se trouvent dans des zones inondables par débordement de cours d’eau, et 1,4 millions d’habitants et 850 000 emplois qui sont exposés aux submersions marines (d’après Ministère en charge de l’écologie). En conséquence, l’inondation est le risque naturel qui provoque le plus de dégâts matériels en métropole.

En France, en 2015, 792 communes ont été reconnues en état de catastrophe naturelle au titre des inondations.

En tant que risque, l’inondation fait suite à la combinaison d’un aléa (hydrologique ou, dans le cas d’une rupture de barrage, technologique) avec des enjeux - la présence de biens ou de personnes dans une zone inondable.

Les inondations : aléa, enjeu, risque

Les inondations : aléa, enjeu, risque

La crue du siècle n’a pas lieu tous les 100 ans

Les connaissances scientifiques permettent d’estimer la probabilité de survenue d’un aléa. On parle ainsi parfois de  « crue du siècle » d’un fleuve ou d’une rivière : c’est une crue qui a 1 probabilité sur 100 de se produire chaque année. Cette statistique témoigne de la rareté d’un événement, mais ne veut en rien dire qu’il a lieu une fois par siècle, deux crues centennales pouvant se succéder à quelques années d’intervalle.

Base de Données Historiques sur les Inondations (BDHI) Logo

La Base de Données Historiques sur les Inondations (BDHI) recense et décrit les phénomènes de submersions dommageables d'origine fluviale, marine, lacustre et autres, qui surviennent sur l’ensemble du territoire français (métropole et outre-mer).

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Différents types d’inondations

Le débordement de cours d’eau lors d’une crue provoque des inondations qui apparaissent en quelques jours, voire quelques heures, et durent généralement d’une journée à plusieurs semaines.

Les zones touchées se situent dans la vallée de la rivière ou du  fleuve : ce sont des inondations de plaine. Elles résultent de pluies importantes dans le bassin versant, qui se cumulent parfois avec la fonte des neiges sur les reliefs. Ces inondations interviennent surtout au printemps, ainsi qu’en automne et en hiver (en savoir plus sur les cours d’eau), lorsque l’influence cumulée des pluies sur le débit des rivières est forte, en raison d’une faible évapotranspiration (en savoir plus sur les pluies efficaces).

L'inondation par débordement de cours d’eau

L'inondation par débordement de cours d’eau

Inondation par débordement de cours d'eau

Inondation par débordement de cours d'eau

Dans les zones de forte pente comme en montagne, les pluies soudaines et soutenues génèrent des crues violentes des torrents. De durée plus courte que les inondations de plaines, ces crues torrentielles provoquent des inondations éclairs avec des conséquences potentiellement dévastatrices. Les débris végétaux et les sédiments transportés peuvent former des embâcles dans le cours du torrent, qui peuvent être à l’origine du déferlement d’une vague vers l’aval en cas de rupture de l’embâcle.

Débris végétaux et sédiments transportés lors de crues torrentielles, peuvent former des embâcles dans le cours du torrent.

Débris végétaux et sédiments transportés lors de crues torrentielles, peuvent former des embâcles

Dans les zones où l’infiltration de l’eau dans le sol est limitée, les pluies soutenues génèrent un ruissellement important. Cette faible capacité d’infiltration peut être naturelle, mais s’observe essentiellement en présence de sols artificialisés et d’aménagements (en savoir plus sur l’artificialisation), comme c’est le cas dans les zones urbaines. Dans ces secteurs, les orages peuvent provoquer des inondations par ruissellement.

L'inondation par remontée de nappe

L'inondation par remontée de nappe

L’eau qui ne s’infiltre pas ruisselle jusque dans les collecteurs d’eaux pluviales, qui peuvent déborder si le volume d’eau dépasse leur capacité d’évacuation. L’eau s’accumule alors dans certains endroits, inondant rapidement des rues voire des quartiers entiers. Ces inondations ne durent que quelques heures mais peuvent provoquer d’importants dégâts.

Inondation dans un centre ville

Inondation dans un centre ville

Les remontées de nappes se produisent plutôt à la fin de l’hiver ou au printemps, lorsque le niveau des eaux souterraines est au plus haut (en savoir plus sur les nappes souterraines). Une fois que la nappe occupe l’ensemble de l’aquifère (disparition de la zone non saturée), celui-ci est plein et ne peut pas stocker davantage d’eau. Si la recharge perdure, le niveau de la nappe s’élève au-dessus du toit de l’aquifère, et peut atteindre celui du sol. Des inondations de sous-sols et de caves peuvent se produire.

Si l’eau continue de monter, elle inonde progressivement les habitations en surface. Ce type d’inondation a une dynamique lente et peut durer une très longue période, parfois plusieurs mois. Ce phénomène reste heureusement rare.

 

 

L'inondation par ruissellement

L'inondation par ruissellement

Les submersions marines sont une forme d’inondation qui affecte le littoral lorsque de grandes vagues provoquent l’entrée d’eau de mer à l’intérieur des terres. Elles ont généralement lieu lors de tempêtes combinées aux grandes marées.

Les différents types d’inondation ne sont pas indépendants les uns des autres. Plusieurs inondations peuvent survenir simultanément dans une même zone, et aggraver leurs impacts. De plus, une inondation peut en entrainer une autre. Par exemple, plusieurs crues torrentielles à l’amont d’un même bassin versant peuvent provoquer une crue de la rivière plus en aval quelques heures ou quelques jours plus tard.

L'inondation par submersion marine

 

 

L'inondation par submersion marine

En 2011, en France, 18,5 millions d'habitants sont exposés au risque d'inondation :
- 17,1 millions de résidents permanents exposés aux différentes conséquences des inondations par débordement de cours d'eau, dont 16,8 en métropole ;
- 1,4 million d'habitants exposés au risque submersion marine.
Pour la même année, 1 emploi sur 3 pourrait être touché directement par une inondation :
- plus de 9 millions d'emplois exposés aux débordements de cours d'eau ;
- plus de 850 000 emplois exposés aux submersions marines.

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Un phénomène potentiellement accentué par les activités humaines

Les inondations et leurs conséquences peuvent être accentuées par les activités humaines exercées sur le bassin versant. Par exemple, les surfaces imperméables augmentent la part d’eau qui ruisselle au lieu de s’infiltrer : pour des pluies équivalentes, les volumes ruisselants sont alors plus importants et peuvent entraîner une inondation. L’altération de la morphologie ou de l’hydrologie des milieux liée à leur artificialisation peut avoir pour effet d’accélérer l’écoulement des eaux : en aval de ruisseaux qui ont été recalibrés, ou de zones humides qui ont été drainées les inondations sont amplifiées.

Les ouvrages de défense contre les inondations sont aussi susceptibles de jouer un rôle. Par exemple, une digue construite dans le lit majeur d’une rivière réduit le champ d’expansion des crues. Mais à crue équivalente, l’eau montera plus haut sur l’autre rive, entraînant une inondation.

L’augmentation du risque n’est pas seulement liée à celle de l’aléa, mais découle aussi d’enjeux plus importants. Le développement des zones d’habitation et des activités industrielles est parfois réalisé dans des zones inondables, contribuant à augmenter le risque. L’urbanisation du littoral augmente aussi la vulnérabilité vis-à-vis des submersions marines.

Les ruptures de barrages et de digues, des inondations accidentelles

Les ruptures de barrages ou de digues peuvent provoquer d’importantes inondations. La rupture d’un barrage implanté sur une rivière produit le déferlement d’une vague gigantesque vers l’aval, aux conséquences dramatiques. C’est ce qui s’est produit en 1949 lorsque la rupture du barrage de Malpasset a entraîné la mort de 421 personnes (d’après Géorisques). Ces accidents sont heureusement très rares.
Sur le littoral, les ruptures de digues provoquent des inondations si les territoires protégés par l’ouvrage ont une altitude inférieure au niveau de la mer.