Prévenir les risques

Travailleurs municipaux installant le barrage d'eau Water-Gate pour prévenir une iinondation

Travailleurs municipaux installant le barrage d'eau Water-Gate pour prévenir une iinondation.

Prévenir les risques

30 novembre 2018 -
Prévenir les risques
Gestion durable de l'eau
Indispensable pour protéger les personnes et les biens et limiter la dégradation des milieux aquatiques, la prévention des risques s’appuie sur de nombreux acteurs, essentiellement publics. Elle repose avant tout sur la sensibilisation des populations et des usagers concernés, mais passe aussi par une meilleure connaissance des phénomènes, la mise en œuvre d’actions de réduction des aléas et des enjeux, et l’organisation des moyens de lutte et de secours.

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Les risques naturels liés à l’eau

De manière générale, les risques sont définis comme étant l’association d’un aléa - la probabilité de la survenue d’un phénomène naturel - et d’enjeux particuliers - l’existence de personnes, d’installations ou d’activités susceptibles d’être impactées par ce phénomène. La prévention des risques repose ainsi sur deux leviers d’action : la réduction de l’aléa et la réduction des enjeux.

Schéma Les risques naturels : aléa, enjeu, risque. Cas du risque d'inondation

Schéma Les risques naturels : aléa, enjeu, risque. Cas du risque d'inondation OIEau

Les principaux risques naturels liés à l’eau sont les inondations et les submersions marines, mais également l’érosion et ses manifestations violentes (mouvements de terrain), ainsi que la sécheresse (en savoir plus sur l’érosion, la sécheresse ou les inondations). Les risques dits technologiques, c’est à dire provoqués par des activités humaines potentiellement dangereuses, peuvent parfois accentuer les conséquences des risques naturels : c’est par exemple le cas d’une rupture de digue générant une inondation.

La prévention des risques doit permettre de réduire les risques pour les personnes, les biens et l’environnement. Elle comprend notamment un ensemble de mesures mises en œuvre pour réduire la survenue des événements et, lorsqu’ils surviennent, leurs impacts.

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Connaître les risques pour mieux les gérer

La connaissance des risques est un prérequis essentiel à leur prévention. Elle permet d’identifier les zones concernées, les impacts potentiels, et les conditions susceptibles de générer ces phénomènes. Les services de l’État sont chargés de cette connaissance, qui se traduit notamment par des cartographies des zones à risque.

Le Préfet, au niveau départemental, et le Maire, au niveau local, doivent ensuite élaborer des documents d’information spécifiques à destination du public, en particulier le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) et le dossier d’information communale sur les risques majeurs (DICRIM).

Les services de l’État sont également chargés de mettre en place des systèmes de prévision, afin d’anticiper les évènements et de pouvoir prévenir l’ensemble de la population concernée. Ces systèmes de prévision impliquent des suivis permanents de l’état de l’environnement (suivis météorologiques par exemple) et reposent sur des outils d’alerte, comme Vigicrues.

Vigilances crues

Cartes de vigilance et bulletins d’information sur les risques de crue sont accessibles sur le site Vigicrues.
Consultez également les hauteurs d’eau et débits des cours d’eau en temps réel.

Météo-France logo

Les données de pluviométrie sont accessibles (et réutilisables sous réserve du caractère pédagogique ou éducatif de cette utilisation), sur le site de Météo-France.
Consultez les mesures de plus de 3000 stations implantées en Métropole.

Enfin, une bonne connaissance des risques par tous les acteurs concernés (usagers, élus, acteurs économiques) permet d’agir sur les aléas et les enjeux, et limite le risque de prendre des mesures inadaptées, qui seraient susceptibles d’accentuer le phénomène ou de générer des dépenses non nécessaires.

Une nouvelle compétence GEMAPI pour une meilleure prévention du risque inondation

Les lois de décentralisation de 2014 et 2015 nt créé une nouvelle compétence de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations (GEMAPI), attribuée aux communes. Son objectif : améliorer la protection contre les inondations. Pour cela, elle regroupe deux domaines d’intervention liés afin de favoriser la synergie et la cohérence des actions menées dans les deux domaines : la protection contre les inondations d’une part et la gestion des milieux aquatiques d’autre part. De plus, elle s’accompagne de nouveaux outils pour une plus grande performance et sécurité dans l’entretien et la gestion des systèmes d’endiguement.

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Réduire les aléas et les enjeux

Réduire les aléas revient essentiellement à construire des ouvrages de protection, qui permettent de contrôler en partie la survenue des évènements : digues pour limiter l’expansion des crues, réservoirs de stockage pour écrêter les crues puis assurer un soutien d’étiage (restitution durant la saison sèche), enrochements pour limiter l’érosion côtière, etc. Toutefois, ces actions ont des coûts élevés, et conduisent parfois au déplacement de l’aléa plus en aval dans le bassin versant ou à l’accentuation d’un autre risque. Par exemple, si le remplissage des réservoirs de stockage est effectué par pompage dans les eaux souterraines, il peut accélérer la survenue d’une sécheresse en diminuant les réserves souterraines.

Réduire les enjeux repose en grande partie sur bonne planification de l’urbanisme. Ainsi, les risques naturels doivent être pris en compte dans les documents d’urbanisme (les plans locaux d’urbanisme - PLU - en particulier), qui doivent tenir compte des plans de prévention des risques naturels (PPRN). Ces derniers identifient précisément les zones où les constructions sont interdites, et celles où elles ne peuvent se faire que sous des conditions particulières.

Un document de planification spécifique au risque inondation

Le risque inondation fait l’objet d’un plan de gestion du risque inondation (PGRI) dans chaque bassin hydrographique. Élaboré en application de la directive inondation pour chaque grand bassin versant, il vise à intégrer la prise en compte et la gestion de ce risque dans toutes les politiques du territoire. Il traite de la prévention, de la surveillance et de l’information, de la réduction de la vulnérabilité des territoires exposés, et de l’information préventive et l’éducation. La Stratégie nationale de gestion des risques d’inondation (SNGRI) encadre les PGR. Pour garantir la cohérence avec les autres politiques liées, les PGRI s’articulent aussi avec les SDAGE (schémas directeur d’aménagement et de gestion des eaux) et les PAMM (plans d’actions pour le milieu marin).

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Organiser les secours et sensibiliser le public

Les mesures de réduction des risques doivent s’accompagner d’une organisation des secours, afin de faciliter leur intervention lorsque c’est nécessaire. C’est l’objet d’outils mis en place à différentes échelles, notamment du plan ORSEC (organisation de la réponse de la sécurité civile) à l’échelle du département et du plan communal de sauvegarde (PCS) au niveau de la commune si un plan de prévention des risques naturels (PPRN) a été approuvé.

Enfin, toutes ces mesures sont complétées par une communication et une sensibilisation du grand public comme des acteurs économiques, afin que la population sache réagir en cas de catastrophe naturelle. Cela permet aussi l’entretien d’une mémoire du risque.

Les consignes à suivre en cas d’inondation

Dès que vous êtes prévenu de la survenue probable d’une inondation, mettez vos biens au sec (meubles sur parpaings, etc.), coupez l'électricité et le gaz, obturez les entrées d’eau (portes, fenêtres, soupiraux, etc.), amarrez les cuves, garez votre véhicule sur un point haut et faites une réserve d’eau potable et de produits alimentaires.

Pendant l’inondation, informez-vous de la montée des eaux, mettez-vous en sécurité sur un point haut, et attendez les informations des autorités : n’évacuez qu’une fois que l’ordre en est donné, ou que la montée des eaux l’impose. À pied comme en voiture, ne vous engagez en aucun cas sur une voie.

À la suite d’une inondation, aérez au maximum votre logement, désinfectez à l’eau de javel, chauffez dès que possible et longtemps, afin de pouvoir retourner dans un logement sain. Ne rétablissez le courant qu’une fois que l’installation est sèche.