La pêche professionnelle et l’aquaculture

Bolincheur en pêche virant la senne, Baie de Douarnenez

Bateau de pêche en mer

Bolincheur en pêche virant la senne, Baie de Douarnenez

La pêche professionnelle et l’aquaculture

11 avril 2019 -
Pêche et aquaculture
Usages de l'eau et des milieux aquatiques
La pêche professionnelle et l’aquaculture sont des activités historiques qui se sont fortement développées au XXe siècle. De nombreux types de pêches se pratiquent dans les eaux douces et en mer. Les activités aquacoles - essentiellement la pisciculture et la conchyliculture - s’effectuent sur le littoral mais aussi en bassins d’eau douce et en étangs.

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Le poisson, un aliment de tout temps

Avec la chasse, la pêche a constitué une source de protéines animales pour les premiers humains. Cette activité de subsistance est devenue progressivement une activité économique. D’abord restreinte aux milieux aquatiques d’eau douce et au littoral, la fabrication de navires a permis les prémices de la pêche en haute-mer au cours du Moyen-Âge, puis sa mécanisation au XXe siècle. De même, la pêche à pied s’est pratiquée de tout temps sur les côtes (ramassage de mollusques et crustacés), comme la cueillette de végétaux.

L’aquaculture a été initiée dans les eaux de surface au Moyen-Âge : l’élevage de poissons par les moines permettait de répondre à la demande forte liée aux jours maigres imposés par leur religion. Cette pisciculture, qui consistait principalement à l’élevage de carpes, explique l’existence de grandes régions d’étangs en métropole : étangs de Sologne, de la Dombes, du Forez et de la Brenne. Sur le littoral, la conchyliculture consiste à élever des coquillages (moules et huîtres essentiellement).

La demande croissante en poissons et en fruits de mer a conduit au développement de la pêche professionnelle et à son industrialisation au cours des deux derniers siècles. L’aquaculture s’est généralisée plus récemment. Aujourd’hui, les pêcheurs et aquaculteurs français vendent 700 000 tonnes de produits aquatiques par an, dont plus de 200 000 tonnes proviennent de l’aquaculture marine et continentale (d’après FranceAgriMer, 2016). À ces volumes s’ajoutent ceux issus de la pêche professionnelle en eau douce :  environ 1 000 tonnes de poissons par an (d’après Conapped).

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Différents types de pêche professionnelle

La pêche professionnelle en eau douce concerne moins de 500 pêcheurs, qui travaillent sur les lacs, les grandes rivières ainsi que les fleuves et leurs estuaires (d’après Conapped). La pêche peut être réalisée à la ligne ou à l’aide d’équipements embarqués sur des bateaux. Elle s’effectue jusqu’à la limite aval des estuaires.

Au-delà des estuaires s’ouvre le domaine marin, au sein duquel la pêche professionnelle maritime s'effectue sous des formes multiples. Le long du littoral, quelques 1 300 pêcheurs à pied exploitent les gisements de coquillages et de crustacés : palourdes, couteaux, etc. (d’après CNPMEM). Certains d’entre-eux récoltent aussi des végétaux, en particulier la salicorne et les asters maritimes. Néanmoins, la majorité de la pêche maritime s’effectue en mer, depuis un bateau. Sur le périmètre des eaux côtières, seules la « petite pêche » et la « pêche côtière » - qui impliquent des voyages de pêche d’une durée inférieure à 4 jours - sont exercées. Au large, se pratiquent la « pêche au large » et la « grande pêche ».

Les techniques utilisées par les pêcheurs sont variées.
Les « arts dormants » regroupent tous les engins de pêche passifs qui ne nécessitent pas leur mise en mouvement pour fonctionner : filets, lignes, cages pièges, etc.
Les « arts traînants et coulissants » rassemblent les engins qui sont mis en mouvement pour la pêche : chaluts, dragues et sennes. Ces derniers sont surtout utilisés pour la « pêche au large » et la « grande pêche », qui impliquent des voyages de plus de 4 jours au-delà des eaux côtières.

Pêche professionnelle ou pêche de loisir ?

La pêche de loisir, aussi appelée pêche récréative, diffère de la pêche professionnelle : la vente des produits de la pêche lui est interdite (en savoir plus sur la pêche de loisir). Elle n’est d’ailleurs pas soumise à la même réglementation.

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Aquaculture continentale et aquaculture marine

L’aquaculture d’eau douce est une activité continentale. Les poissons produits sont commercialisés pour l’alimentation ou le repeuplement des plans d’eau et des cours d’eau. La salmoniculture (production de truites) est la branche la plus importante avec près de 75% des tonnages (d’après Agreste, 2011). Elle n’est pas réalisée directement dans le milieu mais dans des bassins artificiels situés au bord des cours d’eau ou au niveau des sources. À l’inverse, la pisciculture d’étang est réalisée directement dans les plans d’eau. Les espèces élevées sont majoritairement des carpes, des gardons, des tanches, des sandres, des brochets, ainsi que d’autres espèces d’eau douce.

Sur le littoral, l’aquaculture marine regroupe deux activités principales : la conchyliculture et la pisciculture. L’élevage de coquillages - la conchyliculture - qui nécessite les mouvements de la marée est réalisé sur l’estran. Ce sont essentiellement des moules et des huîtres destinées à l’alimentation humaine.

En 2014, 154 460 tonnes de coquillages ont été vendus pour la consommation en France métropolitaine (pour une valeur de 541 millions d'euros), dont :
- 76 600 tonnes d'huîtres ;
- 75 100 tonnes de moules ;
- 2 760 tonnes d'autres coquillages.

La pisciculture marine consiste à élever du poisson dans des enceintes spécialisées, disposées en mer : bar, daurades et autres poissons marins.
L’alevinage - qui consiste à produire les juvéniles de poissons - est réalisé sur le continent par des entreprises spécialisées, dont le fonctionnement est assimilable aux industries agroalimentaires.

Ferme aquacole

Piscines d'élevage installées au large des côtes dans le lagon, Mayotte

Ferme aquacole : piscines d'élevage installées au large des côtes dans le lagon, Mayotte

En France, en 2014, 43 010 tonnes de poissons provenant de pisciculture ont été vendues, pour une valeur de 169 millions d'euros.

Le littoral accueille par ailleurs la production d’algues pour la consommation humaine, l’alimentation d’animaux d’élevage ou la production de médicaments et de produits cosmétiques.
Cette activité concerne à la fois les algues de grande taille et des espèces microscopiques, comme la spiruline.