Bulletin national de situation hydrologique de mars 2026
Publié le 10 Mars 2026
-Le mois de février le plus pluvieux sur la période 1959-2026
Une forte recharge des nappes avec 84% des niveaux en hausse
1 département est en crise
2 départements sont en alerte ou alerte renforcée sécheresse
À l’échelle de la France et du mois, la pluviométrie a dépassé deux fois la normale, classant février 2026 au premier rang des mois de février les plus pluvieux depuis 1959. Dans la continuité d’un mois de janvier déjà très arrosé sur l’ouest et le sud du pays, les passages perturbés se sont succédé jusqu’au 20 dans une ambiance très douce pour la saison. On a ainsi enregistré 10 à 20 jours de pluie sur la majeure partie du territoire, voire localement jusqu’à 23 jours sur la Normandie et jusqu’à 26 jours sur la Bretagne. Les perturbations, particulièrement actives mi-février au passage des tempêtes Nils et Pedro, ont donné d’importants cumuls sur la façade ouest provoquant des crues majeures et des inondations durables ainsi que d’abondantes chutes de neige sur les massifs, notamment sur le nord des Alpes. Le retour de conditions anticycloniques sur une grande moitié sud s’est accompagné en fin de mois d’un temps plus calme et plus sec avec des températures printanières.
Les cumuls mensuels de précipitations ont atteint une fois et demie à trois fois la normale sur la majeure partie du pays, voire localement plus sur le Morbihan, des Charentes au nord de l’Occitanie ainsi que des Alpes centrales à la basse vallée du Rhône. Ils ont été plus proches des normales par endroits du Nord-Pas-de-Calais au Grand Est et sur le Centre-Est et localement déficitaires de 30 à 60 % sur la Haute-Corse et les Pyrénées-Orientales.
* : normales concernant température et précipitations : moyenne de référence 1991-2020
Les sols superficiels se sont nettement humidifiés atteignant la saturation sur la quasi-totalité du pays et des valeurs records d’humidité à l’échelle de la France du 12 au 21 février. Le retour à des conditions anticycloniques en fin de mois a ensuite contribué à un assèchement progressif des sols qui restent toutefois très humides à exceptionnellement humides sur la majeure partie du territoire.
Sur l’ensemble du territoire les pluies de février ont permis une recharge importante des nappes. Le niveau des nappes sur les trois quarts sud-ouest de l’hexagone est excédentaire, de modérément haut à très haut. Seules quelques nappes du quart nord-est du territoire ont encore des niveaux modérément bas mais la situation s’améliore et les tendances d’évolution sont à la hausse.
En février 2026, la France métropolitaine montre une hydraulicité homogène et supérieure aux valeurs attendues pour la période : L’ensemble du territoire présente des excédents parfois très importants, de manière un peu plus modérée sur le nord.
Au 10 mars 2026, 3 départements sont concernés par des restrictions des usages de l’eau au-delà du niveau de gravité vigilance, dont 1 département qui a atteint le niveau de crise. À titre de comparaison en 2025 sur cette même période, 4 départements avaient mis en œuvre des mesures de restrictions des usages de l’eau et 6 départements étaient concernés en 2024.